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dimanche 31 mai 2015

L'accident du chercheur: de l'inopiné naît la création

Philippe Manoury le disait en introduction de sa carte blanche par les Percussions de Strasbourg, lors du concert* de ce jeudi à Hautepierre à la question d'Hervé Lévy de se définir comme compositeur, chercheur et enseignant: 
"Etre chercheur, c'est arriver à trouver l'accident qui va nous faire voir autre chose, ouvrir de nouvelles voies.

Mais nous y reviendrons...
D'abord des photos accidentelles de fleurs:


Rose accident - Photo: lfdd



L'accident peut être heureux, comme il peut avoir de néfastes conséquences. Mais nous n'allons pas philosopher mais traiter de l'accident avec 5 approches:


1. La poésie avec un clin d'oeil accidentel à Eluard:

"L'unité et la moralité sont des considérations secondaires, appartenant à la philosophie et non à la poésie, à l'exception et non à la règle, à l'accident et non à la substance..."
P. Éluard, Donner à voir,1939


2. L'actualité d'un prix Nobel:

L'actualité nous donne la triste occasion de joindre le fait divers et la recherche:
Le mathématicien américain John Nash, prix Nobel d'économie et qui venait de recevoir le 19 mai à Oslo le prix Abel (équivalent du prix Nobel pour les mathématiques) est mort dans un accident de voiture -le taxi qui le ramenait chez lui. 
Son histoire a été contée par Ron Howard (interprété par Russel Crowe)dans le film américain de 2001 A beautiful Mind (Un homme d'exception). Le film montrait sa plongée dans la paranoïa et sa résurrection. 
Il avait révolutionné la théorie des jeux en proposant un nouveau type de jeu (à somme non nulle) ou dilemme du prisonnier:
Par exemple quand l'on demande à deux malfrats de dénoncer leur complice en échange d'une peine plus clémente, sans pouvoir communiquer entre eux. 
S'ils restent muets tous les deux, les voleurs sont condamnés à cinq ans de prison. Celui qui dénonce l'autre n'aura qu'un an à purger, Mais s'il est dénoncé, il écopera de dix ans.... 
L'optimum individuel est différent de l'optimum collectif, puisqu'il peut réduire sa détention en dénonçant son complice, choix rationnel, le prisonnier s'expose à la même peine si son complice le dénonce aussi. 
Ce travail aboutit au paradoxe de l'action collective où des solutions qui seraient bénéfiques au plus grand nombre ne voient jamais le jour parce que la rationalité individuelle fait barrage.
La frontière entre normalité et folie pour lui étaient très floues puisqu'il a dit, parlant de sa période dépressive:
"Mes idées sur ces êtres surnaturels me sont venues de la même manière que mes idées de mathématique, je les ai donc prises au sérieux."

Bouquet Bleu-Blanc-Vert mais pas rouge - Photo: lfdd

3. Le fait divers

L'accident c'est aussi, malheureusement les faits divers, où les accidents touchent des inconnus (quelquefois des proches), à côté de nous ou plus loin et dont la presse fait l'écho, ici, un tué sur l'autoroute à cause d'un poids lourd qui lui rentre dedans par l'arrière, là un jeune dont la voiture s'enroule autour d'un arbre, là encore, un conducteur qui a trop bu qui tue un livreur la matin tôt... 
Le téléphone, l'alcool, la vitesse, inattention, les tristes ingrédients qui augmentent le pourcentage de tués (+ 4,3% en avril) sur les routes en France...
Un rappel à la vigilance.


Bouquet Bleu-Blanc-Vert mais pas rouge - Photo: lfdd

4. L'accident heureux qui fait des trous dans le gruyère:

L'accident c'est aussi la surprise et des découvertes drôles comme celle faite - enfin allais-je dire par des chercheurs suisses qui ont percé le mystère des trous dans le fromage (Gruyère et Appenzell, entre autres).
C'est à cause de particules de foin (foin de l'hygiène pourrait-on dire) qu'il y a des trous dans le fromage.

"Pour étudier le développement de l’ouverture (nombre, taille et répartition) au cours de l’affinage d’une durée de 130 jours, les chercheurs-euses d’Agroscope et de l’Empa ont mis au point une nouvelle méthode pour étudier la formation des trous au moyen de la tomographie assistée par ordinateur. Les résultats des séries d’essai se sont révélés étonnants. Même les chercheurs-euses en sont restés stupéfaits! En résumé, selon le dosage des particules de foin, il est possible de quasiment piloter l’ouverture du fromage à sa guise."    
Si vous voulez "creuser" les trous dans le gruyère, c'est ici:
http://www.agroscope.admin.ch/aktuell/00198/05299/05494/index.html?lang=fr&msg-id=57378



Bouquet Bleu-Blanc-Vert mais pas rouge - Photo: lfdd


5. L'accident dans la chanson.


Je me souviens d'avoir parlé de l'accident chanté par Higelin le 19 avril 2015, "Remember". Pour finir en chanson, "by accendent", deux versions de "Who by fire" (est-ce un accident?) de Léonard Cohen, l'un en direct à Londres




Et la deuxième également en direct, mais avec Sony Rollins,






Je ne voudrais pas vous rendre triste et en ce jour de fête des mères, je vous offre donc quelque beaux bouquets pris par accident  - si l'on peut dire, puisque j'ai photographié les fleurs au lieu des photographies exposées. 
Ils viennent de l'exposition "Sayonara**" de l'association In Extremis et Madeleine Millot-Durrenberger (une mère pour la photographie et les photographes, mais pas que...) au "Coeur m'en dit" rue Sainte Madeleine à Strasbourg (visible aujourd'hui encore avec une visite guidée à 18h30).

Bon Dimanche, Bonne Fête à toutes les mères et à toutes les femmes...

Et attention, pas d'accident !

La Fleur du Dimanche


* Le concert du jeudi 21 mai 2015 de Philippe Manoury et Julia Blondeau avec les Percussions de Strasbourg, l'Ensemble This/Ensemble That (Basel, CH), les étudiants Julian Macedo et Corentin Marillier (classe de percussion d'Eve Payeur, CRR de Rueil Malmaison), avec une introduction par Hervé Levy.
Philippe Manoury: Le Livre des claviers
Julia Blondeau: Théâtre d'Ombres (Création Mondiale)
Philippe Manoury: Métal

** Saronaya signifie "Au revoir" en japonais et permet de voir ou revoir 6 photographes japonais de la collection de Madeleine Millot-Durrenberger: Hiroto Fujimoto - Yuki Onodera - Rasi - Jun Shiraoka - Keichi Tahara - Masao Yamamoto 

En voici le texte de présentation :
SAYONARA
« Noir, c'est noir ». Tel était le titre de la deuxième exposition
présentée rue Sainte Madeleine en novembre 1986 dans le
cadre des 15 "Moi" de la photographie de Strasbourg.
À cette époque, il n'y avait aucune structure montrant de la
photographie dans la capitale européenne, et les tirages
sombres de RASI (Laos) et Jun SHIRAOKA (Japon), 2 artistes
vivant alors à Paris, ont été perçus par les photographes
régionaux comme exotiques, voire hermétiques ; par contre,
les amateurs d'art contemporain furent fascinés par ces tirages
magiques.
10 ans passent et, en 1996, c'est l'exposition à Strasbourg du
travail de Keiichi TAHARA qui, à cette occasion propose une de
ses images pour une étiquette pour les bouteilles de vin de la
maison MITTNACHT FRÈRES.
Encore 30 ans de plus et surtout 130 expositions plus tard,
quel plaisir, aujourd'hui, de pouvoir présenter conjointement le
travail de ces précurseurs et de leurs plus jeunes collègues
Yuki ONODERA et Masao YAMAMOTO !
Toujours beaucoup de noirs infiniment denses, habilement
renforcés par des gris intenses et quelques contrepoints
lumineux. Fidélité d'autant plus émouvante que RASI, retourné
au Laos après avoir donné toutes ses images à la Bibliothèque
Nationale de France nous a quittés récemment.
Partager, toujours et encore et boucler la boucle en disant
Sayonara..."

Madeleine Millot Durrenberger

mercredi 18 septembre 2013

La rentrée des expositions à Strasbourg

Il y a quinze jours, je vous avais présenté les expositions à ne pas rater, entre autre Nolde à Baden-Baden, Max Ernst à Bâle, Haegue Yang à Strasbourg et Roiji Ikeda à Besançon.

En bonus, une vidéo d’une performance improvisée de Geneviève Charras et d’une amie dans cette installation est en ligne depuis. Je vous laisse la découvrir sur la page du 3 septembre.

A ne pas rater, mais la page est en gestation, la Biennale de Venise qui court jusqu’au 15 novembre.

Mais aujourd'hui, le menu c'est Strasbourg et environs.
Nous démarrons avec de belles expositions.

A la Galerie Art Course, pour fêter son premier anniversaire rue de la Course, expose en parallèle des artistes locaux (Myrtille Béal, Jean Claus, Louis Danicher, Michel Dejean, Elisabeth Frering, Catherine Gangloff, Thibault Honore, Ilana Isehayek, Gabriel Micheletti, Le Gave, André Claus, François Morellet, Robert Ryman, Cyril Barrand, David Tremlett, Baselitz, Bernar Venet, A. Et P.Poirier) en regard d’oeuvres du FRAC Alsace jusqu’au 28 septembre.

Chez Avila, 69 rue des Grandes Arcades, à Strasbourg, vernissage ce jeudi des peintures de Peter Bond avec DJ set à partir de 19h00.

A la Galerie Bamberger, une exposition qui fait un clin d’oeil a à Musica, le Festival de Musique Contemporaine de Strasbourg qui fête ses 30 ans (départ ce vendredi, mais nous en reparlerons) avec l’exposition « Figures de Silence » jusqu'au 5 octobre.

A la Galerie Brûlée, Anniversaire également puisque la Galerie fête ses 20 ans (déjà !) ce vendredi 20 septembre en musique. Seront exposées des oeuvres de Denis July à l'origine de la Galerie qui est maintenant piloté par son épouse, et des sculptures de Marc Petit, assez surprenantes. 

A la Chambre, l’exposition « Perspectives » présente le travail de 5 jeunes auteurs photographes (mais pas que) - Vincent Chevillon, Delphine Gatinois, Viola Korosi, Marianne Maric et Marion Pedenon.

Au CIARUS, jeudi 26 septembre à 18h30, vernissage de l'expo "FéliCité", des photos de Pascal Bastien, c'est 7 rue Finkmatt à Strasbourg.

Delphine Courtay, agent d'Artiste sans locaux (pour le moment - et qui a un beau portrait dans Or Norme de ce mois fait le finissage de son exposition d'été ce jeudi - 19 septembre - au restaurant Villa Casella en musique...

Et parlant de restaurant, le collectif de Mail Art STAMP TISCH va squatter les murs du nouveau Bistrot les Savons d'Hélène - au croisement des deux rues citées avec des oeuvres réalisées par les volontaires qui ont écrit (vous pouvez aussi y participer) 

La Galerie l'Estampe de son côté rend un hommage à Godwin Hoffmann, disparu cet été, avec un aperçu de son travail à partir du 24 octobre avec des interventions à partir de 18h30 d'Antoine Hoffmann, son fils, et Germain Roesz qui l'a bien connu et a travaillé avec lui.
  
Bertrand Gillig expose Benoit Trimborn du 14 septembre jusqu'au 13 octobre dans les nouveaux locaux de la Galerie, 11 rue Oberlin.

La galerie Ritsch-Fisch montre les superbes sculptures (souvent faites de bric et de broc électronique) de A.C.M. à partir du 14 septembre.

Et Fredd Croizer à la Galerie Radial Art Contemporain nous présente les travaux de Carlo Borer jusqu’au 13 octobre.

Le Syndicat Potentiel a ouvert les hostilités le 11 septembre avec "Salves pour un temps présent" avec Elise Alloin, Boris Détraz, David Droubaix, Alexis Ernaux, Elsa Farbos, Makiko Furuichi, Johnny Gaitée, Louis Granet, Bruno Grasser, Chisato Ishiyama et Anne-Sophie Yacono. Jusqu'au 28 septembre 2013

Au CEEAC, l’exposition « Résidences Croisées » est inaugurée demain jeudi dans 3 lieux, le CEEAC, le Palais Universitaire et la Salle Conrad de l'Hôtel de Ville, avec comme artistes: 
Franck Morzuch - Claire Hannicq - Solène Bouffard - Joséphine Kaeppelin  -Ahmet Dogan -Patrick Bogner - Natacha Paganelli - Pascale Morin...
et les artistes accueillis en résidence: Karen Koschnick - Juliane Schmidt - Claude Horstmann - Julia Wenz - Dominika Skutnik -Dorota Walentynowicz.


Et pour finir, une exposition, proposée rue Sainte Madeleine par Madeleine Millot-Durrenberger avec l'Association In Extremis, une rétrospective de Ian Paterson qui sera présent à Strasbourg le samedi 28 septembre. Un occasion rare à ne pas rater !

Et à ne pas rater non plus, Sélest'Art qui démarre ce samedi avec une parade - en hommage au Corso Fleuri - et sur le thème du Corso et du géant Sleto - figure mythique de la ville. Les oeuvres visibles une peu partout dans la ville et aux alentours seront en place jusqu'au 27 octobre. 



Bonnes expositions

La Fleur du Dimanche.

mercredi 26 septembre 2012

La rentrée des exposition, c'est aussi à Strasbourg


La semaine dernière, je vous l'avais annoncé, la rentrée, c'est aussi la rentrée des galeries et des expositions.
J'avais commencé par un tour des expositions à Lyon, aujourd'hui, le menu c'est Strasbourg et environs.
Nous démarrons avec de belles expositions.
Pour commencer, photo oblige, un exposition qui est en relation avec Lyon, puisqu'on y a déjà vu Tom Drahos, c'est le Coeur m'en dit, rue Sainte Madeleine, où l'infatigable Madeleine Millot-Durrenberger avec l'Association In Extremis nous offre un beau parcours de François Sagne.
En hommage, un bouquet de roses blanches "volé" à Madeleine à l'entrée de la salle.


3 Roses - Hommage à François Sagnes - Photo:lfdd

Vous y verrez son travail depuis ses "relectures de la "Mélancholie" de Dürer - ses premiers travaux photographiques, jusqu'à quelques petits bijoux offerts, et bien sûr ses images de temples, de pyramides, de blocs de marbre de Carrare, de pierres de Comblanchien ou de pierres noires de Belgique.
Dépêchez-vous, l'exposition est encore visible vendredi 28, samedi 28 et dimanche 30, de 14h00 à 20h00.



Sinon, le reste des expositions est de belle tenue.
A la Galerie Bamberger, vous avez Jan Voss jusqu'au 13 octobre avec "Music for hot Potatoes".

Bertrand Gillig, expose Patrick Bastardoz jusqu'au 13 octobre.

La galerie Ritsch-Fisch montre les superbes travaux (dessins et peintures) sur papier, toile et ardoises de Joël Kermarrec.

Et Fredd Croizer à la Galerie Radial Art Contemporain nous présente les relectures très contemporaine des maîtres du passé par Frank Fischer.



Et si vous traverser le Rhin, à une demi-heure de Strasbourg, à Durbach vous trouverez une superbe rétrospective d'un artiste strasbourgeois, en l’occurrence un des plus importants, dont une exposition à Paris s'achève à la Galerie Cour Carrée, c'est Germain Roesz, dont une très belle et très complète rétrospective de son oeuvre (il y a même un tableau de 1972) côtoie des chefs-d'oeuvres du groupe Cobra.
C'est au Museum für Aktuelle Kunst, du collectionneur Rüdiger Hurrle qui partage ses collections (et celle des musées et collectionneurs privés qui se sont prêtés à l'appel.

Bonnes expositions

La Fleur du Dimanche.

mercredi 7 mars 2012

L'Expo du mercredi: La photo du bar à la cave et la peinture à quai.

Des endroits originaux pour exposer des photos.


Tout d'abord, un bar, au nom mystérieux de "La Mandragore", aussi mystérieux que son décor, au 1 rue de la Grange, à Strasbourg - derrière la FNAC pour ceux qui connaissent.
Vous y verrez d'eLse, des photographies, au nombre de neuf, à l’inquiétante étrangeté. 
Le vernissage est le jeudi 8 et elles seront visibles jusqu'au 31 mai.


La semaine prochaine, dans la cave du 27 rue Ste Madeleine, Madeleine Millot-Durremberger et l'association In Extremis vous invitent à l'exposition de photos de Jean Le Gac, Joseph Sudek et Masao Yamamoto.


C'est un retour aux fondamentaux de l'art de la photographie, et comme disait Madeleine, il faudra "ouvrir les yeux, les photos ne font pas 4 mètres de large"...


Un avant-goût de l'expo pour vous en donner envie :


Joseph Sudek - Nature Morte


Masoa Yamamoto






L'exposition est ouverte le vendredi, samedi et dimanche, de 14h00 à 20h00. Et Madeleine Millot-Durremberger organise des visites guidées que je vous conseille fortement, sur rendez-vous à 18h30.


Il n'y a pas que la cave et le bar comme lieux d'expo photo, mais également la Chambre et Stimultania.
Chez les premiers, après Lottie Davis (jusqu'au 11 mars), il y aura Marie Prunier qui fait un travail très intéressant et dont nous attendons l'exposition le 16 mars avec impatience, et chez Stimultania, également à partir du 16, une exposition de Norbert Ghisoland, des portraits de son studio d'artisan photographe qu'il a réalisé sur plaques de verres durant quarante ans jusqu'en 1939.


Une autre exposition, à quai, celle-ci, au 11b du quai de Turkheim, chez Radial Art Contemporain. Pour la première fois en France, les peintures du Suédois, résidant maintenant en Norvège, Lars Strandh. Vous pourrez y admirer la "simplicité complexes" se ses "monochromes polychromes". Vernissage vendredi 9 mars à 18h00 et vous avez jusqu'au 22 avril pour y revenir.

Et pour finir, je vous invite également à une lecture déambulatoire à l'exposition des éditions de l'Oiseau Mouche, dont j'ai parlé mercredi dernier. L'association Rodéo d'âme murmurera des textes poétiques extraits du livre "Misères de vie" dans le creux de votre oreille, dans l'exposition de dessins de Nicolas Lefebvre à la MISHA..


Bonnes exposition et bonne écoute.


Le Fleur du Dimanche.