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dimanche 19 août 2018

La fleur tire la langue, et l'hibiscus au goût de guimauve aussi...

Je vous ai un peu fait patienter depuis le dernier billet de la Fleur du Dimanche - le 14 juillet - un air (chaud) de vacances a traversé la France.

Et la Fleur a souffert !
Vous en souvenez-vous, le premier avril je faisais de l'humour noir (peut-on se moquer des fleurs?), et suite au réchauffement climatique, cela ne s'est pas amélioré:


La Fleur du 18 août 2018 - Photo: lfdd


Vous pouvez en voir aussi l'état du 14 janvier, déjà avec humour..

Mais heureusement qu'il y a les îles paradisiaques avec les fleurs itou!  


Hibiscus des îles - Photo: lfdd


Bon, c'est vrai que je ne suis pas allé à Hawaï (île symbolique de cette fleur et vice versa) mais aux origines de la civilisation, en Crète, île adorée de Raymond-Emile Waydelich.
Et pour information, cet hibiscus - dont on vante les vertus pour la santé - vient de Grèce - de Crète plus précisément - qui a donné son nom à la fleur: hibiskos dont le mot signifie "guimauve" aujourd'hui. Ah la langue....

Et l'hibiscus tirant sa langue, je tire pour vous quelques extrait d'une lecture de vacances "La Langue" d'Olivier Rollin en guise de TVA poétique:


La Phrase:


La Langue - Olivier Rollin - Le Livre


Les Mots:


La Langue - Olivier Rollin - Les Mots


L'écrivain:


La Langue - Olivier Rollin - L'écrivain



Le Livre:


La Langue - Olivier Rollin - Le Livre


Et comme Aretha a tiré sa  révérence, je lui tire la mienne:

Aretha Franklin - A Rose Is Still A Rose




Think:




I dreamed a Dream:




Respect:



Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche 

dimanche 30 juillet 2017

Les vacances de la Fleur du Dimanche: La Grèce et le Jasmin de Philippe Lutz

La Fleur du Dimanche est en vacances et cède son espace à l'invité du jour: Philippe Lutz. 


La photo est celle d'un champ d'urginées, à Naxos:


Champ d'urginées à Naxos - Photo: Philippe Lutz


Le texte est un extrait de son livre  "Iles grecques, mon amour":

Le premier miracle grec est celui du paysage. Des terrasses ancestrales, des chemins millénaires, des oliviers centenaires : nulle part autant que dans les îles on ne perçoit la permanence, l'éternité des choses et du monde. Les lieux que l'on traverse sont identiques à ce qu'ils étaient il y a deux mille ans, inchangés, tels qu'en eux-mêmes. Pas de construction, de pylônes électriques, d'affiches publicitaires, de rubans goudronnés pour se déployer sous nos yeux. Juste le bleu du ciel, de la mer, l'ocre de la terre pierreuse et le vert grisâtre des maigres buissons qui s'y accrochent. Les parfums qui en émanent sont ceux que respiraient Héraclite, Sophocle ou Aristote : fragrance de noix de coco des feuilles de figuiers, parfum de curry de l'immortelle d'Italie, effluves citronnés de l'origan et du thym. Les bergers qu'on y croise ont pour nom ceux des héros d'Homère. Les îlots que l'on voit au loin depuis ce sommet sont disposés sur la mer avec un ordre et une évidence qui relèvent du divin. Les rochers qui affleurent sur cette plaine agricole ne pourraient être plus harmonieusement placés dans le paysage. Et près de cette chapelle, les cyprès qui dressent leur prière vers le ciel sont étagés avec un discernement parfait et un goût d'une sûreté incroyable. Rien d'excessif, de petit, de mesquin n'existe dans le paysage des îles. La beauté, la simplicité, l'harmonie y sont chez elles.

Iles grecques, mon amour / Philippe Lutz


La chanson est de la chanteuse grecque Savina Yannatou, To yasemi, qui parle du jasmin.



Le jasmin

Le jasmin à ta porte
je suis venue pour le tailler, mon jasmin
et ta mère a pensé
que j'étais venue le voler, oh mon amour


Je vous en offre une deuxième :  Μόνο (seulement ?)




Et en prime, un cadeau pour Philippe, en espérant que le clin d'oeil lui plaira:





Bon Dimanche et Bonnes Vacances

La Fleur du Dimanche

P.S. Je vous renvoie également au site de Philippe Lutz que je vous invite à découvrir et où il publie une photo tous les jours.  Le site s'appelle donc "La Photo du Jour" - bravo à lui!
http://www.la-photo-du-jour.com/


Rappel : La Fleur du Dimanche en vacances a comme invité(e)s les dimanches d'été:  

Dimanche 16 juillet 2017: Sylviane Lokay Joly
Dimanche 23 juillet 2017: Dominique-Anne Offner

Participants (liste non arrêtée): Marie-Odile Biry-Fétique, Philippe Colignon, Monique C., Thomas Fehr, Annie Flaugnatti, Catherine Gangloff, Dominique Haettel, Sylviane Lokay Joly, Philippe Lepeut, Philippe Lutz, Mécheri Miloud, Dominique-Anne Offner, Raymond P., Michelle Rufenach, Yvonne Sprauel, Anne-Sophie Tschiegg, Jean Valéra,... 

Et vous ?
Vous serez ici un jour :
http://lafleurdudimanche.blogspot.fr/

Alors à vous la gloire !


Règle du jeu pour participer à La Fleur du Dimanche été 2017

Envoyez à lafleurdudimanche(at)gmail(dot)com 
1. Une ou deux photos de fleurs au format jpeg avec un commentaire titre, nom de fleur,..) 
2. un TVA = un poème, une courte phrase de - pensée, citation,... ou un texte personnel.
3. une proposition de chanteur/chanteuse ou morceau de musique (nom de chanteur et titre qui va bien avec ...  


Je vous cèderai l'espace d'un dimanche l'espace du blog pour votre célébrité d'un jour et vous pourrez de partager auprès de vos amis. 

dimanche 21 mai 2017

En avance, en retard: Juif, Nazi, Grec, Fantôme.... Fleurs de ce Dimanche

Vous êtes en avance, je suis en retard, et en même temps, la fleur du jour - enfin la première a déjà été publiée hier - l'avez-vous vue sur un réseau social ? La voilà:


Gentil coquelicot version 1 - l'avant-veille - Photo: lfdd

Le billet du jour - qui arrivera quand il doit arriver - va traiter de sujets dont nous avons déjà parlé (par exemple le 8 mai, jour de commémoration de la victoire des alliés sur l'Allemagne nazie, où je me suis fais accuser d'avoir traité les Allemands de nazi et où j'avais corrigé "Allemagne nazie" en ôtant "nazie" par risque d'amalgame. Curieusement, un peu plus tard - comme quoi des fois il est bien d'attendre, un article du Monde Littéraire du 19 mai parle de Norbert Elias, sociologue allemand qui vient enfin (toujours attendre) vient de voir son livre "Les Allemands. Evolutions de l'habitus et luttes de pouvoir aux XIXème et XXème siècle" enfin - avec presque trente ans de retard - traduit. Je vous en dirai bientôt plus....
Curieusement aussi, dans le même supplément, je tombe sur un article sur l'auteur-éditeur Maurice Olender intitulé "Va de l'Avant" de Roger-Pol Droit qui commence ainsi:

"Il existe un problème insoluble quand on rencontre Maurice Olender: qui arrivera le premier? Dans les années 1990, une longue expérience m'a convaincu qu'il n'existe pas d'issue: il est toujours en avance. Au point que tenter de l'être un peu plus que lui est parfaitement inutile....."

Allez, je vous offre la "suite des coquelicots" pour vous faire patienter:


Gentil coquelicot - version 2 - la veille, matin - Photo: lfdd

Cela continue comme cela:
"Depuis, nous nous sommes un peu perdus de vue, mais cette étrangeté, aujourd’hui, me frappe de nouveau. Arrivant de Bruxelles, son refuge d’écriture (« Le train est mon seul domicile fixe », précise-t-il), il m’a donné rendez-vous au bar d’un hôtel tranquille, pas loin de l’église Saint-Sulpice. « Disons à 15 h 15 », indique son dernier message. Par les hasards des transports, je suis sur place dix bonnes minutes plus tôt. Evidemment, il y est déjà. Ce n’est pas seulement un détail. En fait, il se pourrait que cet homme déconcertant fût toujours là « avant ». Reste à comprendre ce que cela veut dire.
Serait-ce la seule façon de faire tant de choses en même temps ? Le moyen d'être - à la fois ? Tout à tour ? avant tout?... - un savant, un poète, un professeur, un directeur de revue, un éditeur. Car le paradoxe de Maurice Olender est d'être ici un érudit engagé, là un contemplatif suractif, partout un homme-orchestre qui professe accepter ne rien maîtriser."

Mais le sujet n'est pas là, et le plus drôle de l'histoire non plus.
D'ailleurs, une petite anecdote en passant:
Comme son livre s'appelle "Un fantôme dans la bibliothèque" et que le sujet - en tout cas le titre - m'intéresse, je vais derechef l'acheter chez mon libraire habituel. Je ne le trouve pas et quand le libraire va le chercher pour moi, il semble être "caché" derrière un client qui cherche lui aussi dans le même coin (c'est effectivement un coin)....
En attendant de trouver le livre et pour vous faire patienter, je vous précise la définition - en tout cas celle du titre de Maurice Olender:
Fantôme :"Ce terme évoque la présence invisible du passé assassiné, les paroles écrasées. Dans les bibliothèques, il désigne aussi cette plaquette signalant, sur l'étagère, un volume absent."
Nous patientons un bon moment, attendant que le "client" ait trouvé le livre qu'il cherche mais au bout de quelques bonne minutes, le libraire déniche le "fantôme" non pas dans le rayon, mais sur la table de présentation des nouveautés, bien en vue... Cela rappelle "La Lettre volée" d'Edgar Allan Poe...  

Mais avant de continuer avec Maurice Olender, la suite des coquelicots du jour: 

Gentil coquelicot - version 3 - la veille, après-midi - Photo: lfdd


Gentil coquelicot - version 3 - la veille, après-midi - Photo: lfdd

Je continue avec Maurice Olender, dont parle Roger-Pol Droit:
"..... Si les poètes vivent toujours "avant", celui-ci est né "après". Après la seconde guerre mondiale, après la Shoah, après les trains qui déportaient, après les écrits qui organisaient le génocide. Du coup, il s'est défié de l'écriture, des mots qui se transforment en machines à tuer, Longtemps, comme cet enfant qui se cache et se montre au coeur du texte intitulé "Un fantôme dans la bibliothèque", donnant son titre à l'ensemble, il aurait refusé d'apprendre à lire. L'enfant n'a pas peur des histoires que racontent les livres, mais bien de l'alphabet. Sous aucun prétexte il n'acceptera de lire ni d'écrire parce qu'il a compris qu'avec les lettres se composent aussi des phrases donnant l'ordre d'exterminer."
.... "Quelques décennies plus tard, il soutient qu'en un sens il ne sait toujours pas lire. ..."
Et de citer Olender:
"Il faut cesser de lire avec la tête, dit-il, il faut lire avec les doigts, avec la peau. Parce que les mots sont, en fait, plein de violence ou de tendresse, La forme d'un terme, sa sonorité, la découpe des lettres, toute sa poétique sont plus percutantes que les seules données sémantiques."  
Il faut préciser que Maurice Olender, même s'il refuse de lire, va apprendre - en plus de l'hébreux, le grec ancien, le latin et un peu de sanskrit et faire un diplôme d'archéologie...

Et, vous invitant à lire l'article de Roger-Pol Droit - et le livre de Maurice Olender, je vous en offre une dernière citation:
"Parler de l'absence, c'est sans doute accepter de s'égarer, loin des sentiers rassurants de l'univers bibliographiques des notes érudites, faire un récit où ne s'articulerait plus dans le miroitement du texte, les éléments nécessaires à une pensée foramnt système. Il est en effet des jours où l'on expose ce que l'on veut réciter (...) Il en est d'autres où l'on s'expose. Comme si une pensée pouvait se glisser entre deux zones d'autre chose, comme si, entre deux pensées, on pouvait saisir quelque chose d'indescriptible. Aussi, ne m'en veuillez pas de vous entraîner dans une étrange mosaïque avant d'en venir à cette improbable mais cependant nécessaire magie de l'absence. (...) Pour aborder ce mot, l'absence, et tenter de comprendre en quoi il me signifie, c'est vers les mythes, ces récits "mensongers" que les Anciens disaient "séduisants", que je me tourne une fois encore pour essayer de saisir quelque chose. Mais comment faire?"

La suite bientôt... Mais je ne vais pas vous expliquer pourquoi Maurice Olender arrive toujours en avance, de mon côté, j'avance:
1. La suite des coquelicots,
2. La suite de la réflexion : Norbert Elias, les Nazis et l'Allemagne (entre autres).



Gentil coquelicot - version 4 - dimanche matin - Photo: lfdd

Le sociologue Norbert Elias 1897-1990) n'a pas seulement observé le XXème siècle en sociologue mais il l'a totalement expérimenté, vécu - heureusement a-t-il échappé au massacre, grâce à un exil précoce vers l'Angleterre, ce que malheureusement ses parent, victimes de la Shoah, n'ont pu. Il a étudié le processus de civilisation et la société de cour, notamment française. Deux ouvrages paraissent en 1973 et 1975: "La Civilisation des Moeurs" et "La Dynamique de l'Occident". Et à partir des années 1950 il s'intéresse à la "rebarbarisation" propre à la période nazie. Comme le dit Nicolas Weil dans l'article "Essai sur la violence des faibles", Norbert Elies s'oppose aux deux thèses "classiques": "Celle du "Sonderweg" (la voie particulière) (qui) veut que le cours apocalyptique pris par les événements soit le produit d'une singularité allemande. La seconde, soutient au contraire que le nazisme ne représente qu'un avatar de la vague totalitaire et bureaucratique qui a submergé la modernité occidentale au XXème siècle. Si les atrocités du régime hitlérien n'ont rien d'unique dans le monde ni dans l'histoire, il existe bel et bien une différence, juge Elias, mais elle est de degré et non de nature. Pour être pertinente, l'analyse de l'histoire allemande contemporaine (jusqu'à celle du terrorisme dans les années 1970) doit se concentrer sur les raisons de l'incroyable intensité atteinte par cette radicalisation. 
Selon Norbert Elias, l'histoire collective imprime sa marque sur les émotions et les aspirations des individus. Hitler n'a donc pas eu besoin d'"ensorceler" la population pour la faire adhérer à des idéaux. Le rêve du "Reich Millénaire", l'idéal aristocratique de supériorité étendu à la masse des Allemands à travers la notion de "race", la peur du déclin et la valorisation corrélative de la force ont correspondu à l'"habitus" (ce qui dans l'individu exprime le rapport historiquement déterminé à son Etat) de bien des Allemands du temps."  


Gentil coquelicot - version 4 - dimanche matin - Photo: lfdd


Plus loin, il parle des "songes nazis de grandeur irréalistes au regrad des potentiels industriels et démographiques du paye (qui) sont aussi ceux de la population" et de "cette peur allemande de la décomposition qui mène à la haine du faible et à l'exaltation du fort. Une autre facette de la haine de soi."

Curieusement, nous pourrions faire quelques parallèles avec notre époques et quelques civilisations, régimes ou même régions ou environnements proches.
J'entends déjà citer en guise de réponse, d'autres génocides ou régimes totalitaires (ou qui ne l'avouent pas alors que leurs mode de fonctionnement et actes en procèdent). Mais l'objectif n'est pas uniquelent de dénoncer ou de polémiquer, mais d'essayer de trouver et des pistes de compréhensions et de modalités qui nous permettraient d'avancer dans notre quotidien en ayant une lecture qui nous permet de comprendre un peu mieux ce qui se passe autour de nous et, je l'espère, d'avancer un petit peu dans la construction du monde de demain (en référence au livre "Le Monde d'Hier" de Stephan Zweig).


Gentil coquelicot - version 4 - dimanche matin - Photo: lfdd
    
Et les Grecs, me direz-vous?
Eh bien il ne faut pas les oubllier non plus, ils se débattent aussi dans leur soucis, bien loin de nous et je reviens vers Yannis Ritsos qui déjà en 1985 disait:
"Elle est donc
un tel vide immense
une telle provation
la liberté?"

Et aujourd"hui, Christos Ikonomou, dans son livre "Le salut viendra de la mer" nous dit:
"Voici ce que nous sommes tous devenus depuis trois ans? Des gens qui n'osent pas rire. Des gens aux dents cassées. Des gens comme des dents cassées. Cassés. Coupés."



Gentil coquelicot - version 5 - dimanche après-midi - Photo: lfdd

Une pensée à Theo Angelopoulos, mort renversé par une moto alors qu'il était en train de réaliser un film sur les migrants, une autre à Vassilis Alexakis (merci à Albert Strickler d'avoir rappelé son livre "La Clarinette" - peut-être en prlerons-nous un de ces jours... qui dit (également dans le même numéro du Monde:
"C'est impossible de parler de la Grèce, de situer une action en Grèce sans que la crise soit présente. Elle est assise à toutes les tables, dans tous les bus. C'est la vedette sinistre de notre pays. Notre soleil noir."

Et avant de finir en chansons, pour prouver que les coquelicots sont bien là et déjà là - et que ce ne sont pas ceux de l'an dernier, une ultime image des coquelicots - dernière variation - avec les derniers brins de muguet de - presque -  montagne généreusement offerts par les parents de Véronique:


Gentil coquelicot - version 6 - dimanche après-midi - Photo: lfdd

Et donc, comme nous sommes partis en Grèce, voici un Sirtaki dansé par Anthony Quinn sur une musique de Mikis Theodorakis dans le film de Michael Cacoyannis, Zorba le Grec:





Autre film, autre chanson, "Ta pedia tou Pirea (Les Enfants du Pirée) avec Mélina Mercouri de Jules Dassin, mari de la dame et papa de Joe:





Autre chanson héllénisante, Mon Fils Chante, de Maurice Fanon, chanté successivement par Juliette Gréco et l'auteur: 





Mon fils chante 

Pour ceux qui entrent dans la danse 
Au nom de la grande espérance 
Au mépris de leur vie 
Mon fils chante 
Pour ceux qui luttent pour la vie 
Sans autres armes que leur vie 
Pour qu'ils vivent longtemps 
Mon fils chante 
Pour ceux qui combattent la nuit 
Pour le jour où le soleil luira 
Pour tous les hommes 
Mon fils chante 
Pour ceux qui meurent en chemise 
A l'aube du temps des cerises 
Sous les yeux des fusils 
Mon fils chante 

Mon fils et toi le fils 
Qui naîtra de mon fils 
Tant que meurt la liberté 
Pour que la liberté 
Vive dans le monde entier 
Mon fils il faut chanter 

Pour ceux qui poussent sans espoir 
La porte étroite de l'histoire 
Au nom de l'idéal mon fils chante 
Pour ceux qu'on traîne dans le noir 
Sur le sol du dernier couloir 
Des chambres de tortures 
Mon fils chante 
Pour ceux qui ne verront jamais 
Plus le soleil rouge de mai 
Sur le port du Pirée mon fils chante 
Pour ceux qui jusque dans la mort 
Ont la force de vivre encore 
Pour ceux qui vont vivre 
Mon fils chante 

Mon fils et toi le fils 
Qui naîtra de mon fils 
Tant que meurt la liberté 
Pour que la liberté 
Vive dans le monde entier 
Mon fils il faut chanter


Bon Dimanche et Bonne semaine


La Fleur du Dimanche 

P.S. Pour ceux qui sont tombés sur une page blanche ou une page en train de se compléter, je vous recommande vivement de suivre régulièrement l'avancée de complétion de ce billet du jour, vous n'êtes pas "en avance", mais dans un "Work in Progress" - A bientôt!

jeudi 9 avril 2015

Théâtre au TNS: Z : l'Histoire de A... à Aujourd'hui !

Z, vous en avez entendu parler, vous avez peut-être vu le célèbre film de Costa-Gavras ou lu (eh oui !) le livre que Vassilis Vassilikos a écrit en quelques semaines en 1966 - une urgence pour l'auteur ?
L'histoire, c'est celle de l'assassinat du député Grigoris Lambrakis à Thessalonique en 1963 et l'enquête et le procès qui s'ensuivirent, menant à des condamnation à des peines assez faibles. Les coupables furent d'ailleurs amnistiées après le coup d’État du 21 avril 1967.

Ces jours-ci - et jusqu'au 14 avril - Z nous arrive au TNS à Strasbourg sous la forme d'une pièce de théâtre mise en scène par Effi Theodorou. La pièce qui avait été créée le 20 septembre 2012 et reprise le 20 septembre 2013 au Théâtre National de Grèce nous vient donc à Strasbourg, signe de vie de ce pays.
Elle est en grec surtitré, mais je vous incite vivement à aller la voir parce que même avec des sous-titres, la pièce est d'une vie et d'un dynamisme incroyable.


TNS - Z - mise en scène: Effi Theodorou- Photo: Myrto APOSTOLIDOU

D'une part, c'est une vraie enquête policière - le mot "histoire" ne signifiait-il pas enquête en grec à l'origine. Et cette enquête va enclencher tous les ressorts du suspense et de la tension. 
On dirait un vrai film policier, qui va même chercher du côté du dessin animé (la séquence du triporteur).
Le texte également joue sur des registres variés: poésie, texte politique, lettre d'amour d'une femme à son mari qui lui manque, reconstitution de procès, burlesque, danse et musique. La pièce est un grand collage et un drame choral qui ne vous laisse pas de répit. La troupe fait passer une dynamique formidable dans une mise en scène qui réinvente les éléments d'un décor ultra-simple: une large table qui se transforme en bar, rue, lit, estrade, tribunal, rien que par la magie du jeu. Et les comédiens sautent d'un rôle à l'autre par un détail de costume et d'attitude. 
On se croirait à certains moments dans un film en cinémascope de Téo Angelopoulos.


TNS - Z - mise en scène: Effi Theodorou- Photo: Myrto APOSTOLIDOU

La mise en scène d'Effi Theodorou, où l'on sent souffler la veine d'Antoine Vitez, nous rapproche des personnages historiques, avec les comédiens devant nous, qui portent la voix des modèles du passé et qui sont soutenus par un choeur de comédiens que l'on sent "soudés" dans cette aventure et qui rappellent les choeurs antiques et universels. 
D'autant plus que cette "Histoire" n'est jamais finie - En 2013, deux jours avant la reprise de la pièce à Athènes, Pavlos Fryssas, rappeur antifasciste fut tué par un néonazi. 

Hier, aujourd'hui, demain... La pièce Z interroge le temps et l'histoire, et la déroule devant nous en la rejouant pour ne pas oublier...

Comme le disait René Char, cité dans le livret du spectacle:
"Certains jours, il ne faut pas craindre de nommer les choses impossibles à décrire.
La parole soulève plus de terre que le fossoyeur ne le peut."

Mais quelle parole ?
Dans le même livret est cité une interview de Michel Jobert qui dit (dans un film documentaire de Chris Marker): 
"Vous savez, l'homme politique, de façon plus subtile, il joue sur le quotidien. Quand il fait une déclaration, il la fait à un certain endroit, dans une certaine perspective. Il sait très bien qu'il exagère un petit peu. (....) Il le sait, mais il sait aussi qu'il faut dire les choses pour aujourd'hui. Une déclaration des hommes politiques, c'est comme les oeufs. Ils sont du jour ou ils ne sont pas du jour. Alors, l'idéal, c'est que les déclarations soient du jour, à consommer sous les trois jours. Pourquoi je dis trois jours, parce que'au bout de trois jours, tout est oublié."

Alors, n'oublions pas...  
Z vit !  


Bon spectacle

La Fleur du Dimanche