dimanche 7 février 2016

Da, Da, Da, Dada ist Da.. Oui, Tzara est parti mais Dada est revenu.

Les fantômes, tout le monde le sait, sont des revenants. Les orchidées fantômes (voir mon billet du 3 janvier 2016) aussi!

D'abord, elle est da, da:


Da, da, l'orchidée est là - Photo: lfdd



Puis elle est da, da, da....: 


Da, da, l'orchidée est là - Photo: lfdd



Dada aussi, revient, et en plus c'est son anniversaire. Alors, "Bon Anniversaire Dada"!

Effectivement, il y a cent ans, le 4 février, Hugo Ball et  Emmy Hemmings ouvraient le Cabaret Voltaire à Zurich qui lança le mouvement Dada, avec Tristan Tzara Hans Arp et Sophie Tauber, entre autres. Hugo ouvrit la danse en créant ce que l'on pourrait appeler la première performance de l'histoire de l'Art: La déclamation du poème "Gadji beri bimba"




gadji beri bimba glandridi laula lonni cadori
gadjama gramma berida bimbala glandri galassassa laulitalomini
gadji beri bin blassa glassala laula lonni cadorsu sassala bim
gadjama tuffm i zimzalla binban gligla wowolimai bin beri ban
o katalominai rhinozerossola hopsamen laulitalomini hoooo
gadjama rhinozerossola hopsamen
bluku terullala blaulala loooo

zimzim urullala zimzim urullala zimzim zanzibar zimzalla zam
elifantolim brussala bulomen brussala bulomen tromtata
velo da bang band affalo purzamai affalo purzamai lengado tor
gadjama bimbalo glandridi glassala zingtata pimpalo ögrögöööö
viola laxato viola zimbrabim viola uli paluji malooo

tuffm im zimbrabim negramai bumbalo negramai bumbalo tuffm i zim
gadjama bimbala oo beri gadjama gaga di gadjama affalo pinx
gaga di bumbalo bumbalo gadjamen
gaga di bling blong
gaga blung isan....





Et Dada, depuis cent ans a essaimé dans le monde entier, en particulier avec Kurt Schwitters et son mouvement "Mertz" ou Marcel Duchamp, dont se réclame Ai Weiwei (voir mon billet de cette semaine).
Tristan Tzara, "L'Homme approximatif" a quitté l'affiche du Musée d'Art Moderne et Contemporain de Strasbourg, vous avez encore la possibilité d'acheter le catalogue de 356 pages. L'exposition avait pris un peu d'avance sur le centenaire... Mais depuis le 5 février et pendant 165 jours, cet anniversaire sera fêté chaque jour au Cabaret.

Une exposition, reprenant le  projet "Dadaglobe" de Tristan Tzara jamais abouti de rassembler - et d'exposer les oeuvres autour du mouvement de plus de 40 artistes a lieu au Kunsthaus de Zurich du 5 février au 1er mai 2016, intitulé "Dadaglobe Reconstructed" et en ligne (cela devrait plaire à Ai Weiwei), vous avez "Dadadigital".
Et comme Dada n'est pas triste, il y aura même un Bal costumé Dada le 13 février!



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Dada le roi

Adrien Notz, qui a relancé le Cabaret Voltaire à Zurich en 2014 n'est pas triste non plus. Il avait promis à l'ouverture du Cabaret de donner 10.000 Francs Suisses à la personne qui prénommerait son enfant Dada.
Et Dada Izevbigie fut l'heureux gagnant. Son père, Nigérien l'a nommé ainsi parce que dans so pays, "Dada" signifie "Deviens Roi".
Le petite histoire ne dit pas si les 10.000 Francs ont été donnés en coupures de 50 francs, à l’effigie de Sophie Taeuber-Arp....

Si vous voulez en savoir davantage sur Dada, je vous invite à regarder deux films le premier court (5 minutes) sur Dada et le Cabaret Voltaire:




Le deuxième un peu plus long:  "
DADA Ultimate anthology [face A]"
If dada was a virus...
...and not a vaccin.
Does it change anything ?

Et si dada était un virus...
...est non un vaccin.
Est-ce que cela changerait quelque chose ?

Avec des films Hans Richter, Fernand Léger & Dudley Murphy, Man Ray et Walther Ruttmann et des interviewes de Tristan Tzara, Marcel Duchamp, Max Ernst, Raoul Hausmann, des poèmes de Jean Arp,  Kurt Schwitters, Mehring, Tristan Tzara, Marcel Duchamp, Hans Richter, Vogel, Jancd, Huelsenbeck, Raoul Hausmann et Jean Ribemond Dessaignes...



Et en prime, un petit bijou méconnu, Bernard Lavilliers chantant la "Chanson Dada" de Tristan Tzara:




Chanson dada

I
la chanson d'un dadaïste
qui avait dada au coeur
fatiguait trop son moteur
qui avait dada au coeur

l'ascenseur portait un roi

lourd fragile autonome
il coupa son grand bras droit
l'envoya au pape à rome

c'est pourquoi

l'ascenseur
n'avait plus dada au coeur

mangez du chocolat

lavez votre cerveau
dada
dada
buvez de l'eau

II

la chanson d'un dadaïste
qui n'était ni gai ni triste
et aimait une bicycliste
qui n'était ni gaie ni triste
mais l'époux le jour de l'an
savait tout et dans une crise
envoya au vatican
leurs deux corps en trois valises

ni amant

ni cycliste
n'étaient plus ni gais ni tristes

mangez de bons cerveaux

lavez votre soldat 
dada
dada
buvez de l'eau

III

la chanson d'un bicycliste
qui était dada de coeur
qui était donc dadaïste
comme tous les dadas de coeur

un serpent portait des gants

il ferma vite la soupape
mit des gants en peau d'serpent
et vient embrasser le pape

c'est touchant

ventre en fleur
n'avait plus dada au coeur

buvez du lait d'oiseaux 

lavez vos chocolats
dada
dada
mangez du veau

Tristan Tzara (1923)


Et comme Dada n'est toujours pas triste, un pot-pourri de chansons autour de Dada, avec  Bourvil "A DADA":



A Dada

Je vais vous chanter à cheval, à cheval, vous comprenez ? 
à dada, vous allez voir, c'est bien aussi... 

Quand papa demanda à ma mère

"Voudrais-tu m'épouser à dada"
ma maman répondit pour lui plaire
on ira se marier à dada
mais au lieu de dire oui devant l'maire
tout émus ils ont dit à dada
après ça aussitôt ils allèrent
a midi, au dodo, à dada...

[Refrain] :

àààà dada, àààà dada
et fouette fouette fouette
fouette fouette laaa...

au refrain, avec moi, à dada


quand maman recevait le notaire

on servait le café à dada
quand papa pêchait dans la rivière
il trempait l'asticot à dada
le dimanche on faisait la prière
a genoux mais tjrs à dada
et pendant ce temps la le grand père
jouait aux billes en faisant "a gaga"

[Refrain]


plus fort j'en entends un qui chante pas dans l'fond


mes cousins mes 2 sœurs et mon frère

pratiquaient le tennis à dada
grand maman quand elle fut centenaire
a fumé un cigare à dada
le docteur pour soigner mon grand père
lui glissa l'thermomètre à dada
vous voyez qu'ici bas sur la terre
tout va bien quand on est à dada

[Refrain]



à dada, à dada, à dada, à dada, da, da...


Henri Salvador : Da, da, niet, niet, niet,"





Et les "humoristes" allemands du groupe Trio qui avant l'heure ont rendu hommage à Dada en 1982 en lançant un succès mondial:

Trio - Da Da Da (1982)



Bon Dimanche et bon Dada!


La Fleur du Dimanche 

Complément du 08 février: 


DADA DATA : 
Dada-Data est un salut aux 100 ans du mouvement dada, un hommage viral, vivant, vibrant, et ancré dans notre époque, comme Dada était en guerre contre la sienne. 
Dada-Data est un anti-musée aléatoire des oeuvres phares dada.
"Cent ans en arrière, c’était la photo, la presse, la photo de presse, les premières radios, les nouvelles chaînes de montage, la machine qui s’impose, et la guerre mécanique qui jubile, gaz moutarde et tranchées de boue, et Dada qui adopte et critique dans un même mouvement cette double culture, aujourd’hui triomphante : médias et machine. Kurt Schwitters découpait journaux et publicités, Max Ernst tailladait des catalogues de vente par correspondance, et Hannah Höch piochait dans les magazines féminins. Désormais, c’est YouTube, Facebook, Instagram. La différence : la couleur. La technologie ne compte pas, seule la technique prime. Découpons le Web comme Dada la vie."

"Dada-Data (coréalisé avec Anita Hugi et Akufen, produit par Arte/SSR SRG), ça démarre ce vendredi, avec le Dada-Block, qui remplace les pubs du web par de vraies réclames Dada, et par le ReadyMade Connecté, où Marcel Duchamp se fait 3D." 
http://dada-data.net/fr/

Vous pouvez y participez avec Libération aux «hacktions» hebdomadaires.
http://www.liberation.fr/apps/2016/02/datadada/


Centre Culturel Suisse de Paris - Hommage à Sophie Taeuber-Arp:
Denis Savary  avec le spectacle "Lagune" (2016, première française).

Réalisée à l’occasion du centenaire du mouvement Dada, Lagune s’articule autour de The Robot King, une marionnette imaginée par Sophie Taeuber-Arp. Six danseurs et une marionnettiste évoluent dans un décor constitué de modules de façades en plexiglas coloré et de sacs de boxe noirs
Du mardi 22 au mercredi 23 mars 2016 à 20h00

http://www.ccsparis.com/events/view/denis-savary-2

Exposition: 
«Raoul Hausmann, Dadasophe - de Berlin à Limoges»
Du 27 février au 12 juin au musée départemental d’art contemporain de Rochechouart (87).


vendredi 5 février 2016

Ai Weiwei du - bon - Marché à la - mauvaise - Plage, itinéraire d'un dissident déraciné

Ayant fait de la prison en Chine, assigné à résidence, et privé de visa, Ai Weiwei a enfin pu quitter la Chine le 30 juillet 2015 pour aller voir son fils à Berlin, où il est resté.
L'artiste, architecte (il a collaboré avec le cabinet Herzog et De Meuron pour le stade Olympique de Pekin en 2008), performeur et blogueur -  il disait dans le N° spécial de Libération qui lui était consacré en le 22 février 2012
"Ma patrie, si je devais en choisir une, ce serait l'Internet, car son espace et ses frontières satisfont largement à mon imagination. Les autres "patries" ne sont pas à la hauteur."

Et effectivement, épris de liberté, il jouait les filles de l'air même quand il était interdit de sortir du territoire après avoir critiqué la censure et la répression en Chine, en particulier suite au tremblement de terre dans le Sichuan où il publie le noms des enfants victimes suite à la non-conformité anti-sismique des constructions autorisées par le gouvernement et surtout suite aux événements de la Place Tien Anmen où il a lancé son "Etude de la perspective", "le Doigt d'honneur à Mao" qu'il a décliné à Paris avec la Tour Eiffel...


Ai Weiwei - Etude de perspective - Tien an Men - Doigt d'honneur à Mao

Ai Weiwei - Etude de perspective - Paris

En prison, ou en résidence surveillée, il a continuer à exposer, en particulier justement à Paris, au Jeu de Paume en 2012 ou à Alcatraz en 2014, dans l'ancien pénitencier où il a réalisé l'exposition @Large (au large de de New York): 176 portraits de prisonniers politiques vivants ou morts entièrement réalisés avec 1,2 millions de briques LEGO. Lego qui, soit dit en passant, n'est plus aussi coopératif, puisque le fabricant de jeu pour enfants a refusé la dernière commande d'Ai Weiwei pour réaliser des portrait de dissidents australiens pour une exposition à la National Galery of Victory de Melbourne pour des raisons politiques, curieusement au moment où Lego décide d'ouvrir un Legoland à Shanghai. 


Ai Weiwei - @Large - Alcatraz


Après l’annonce du refus de la marque, Ai Weiwei “a été submergé par des dons de Lego venant d’artistes et de followers du monde entier via les réseaux sociaux”, explique le The Sydney Morning Herald.




L'actualité plus proche est son exposition actuelle à Paris dans le Grand Magasin de la Rive Gauche, "Le Bon Marché" intitulée ErXi - Air de jeu et où il réinterprète les êtres et esprits de la mythologie traditionnelle chinoise à la lumière d'aujourd'hui, dont les Robots que je vous avais proposés le 24 janvier ou l'oiseau bleu du réseau Social Twitter dans la vitrine.



Ou encore la Bicyclette avec des fleurs, hommage à Marcel Duchanp, un des maître inspirateur de l'artiste.




Dans l'escalier du magasin, vous avez un mur de Selfie dont voici, entre autre le nombril de l'artiste ou le Selfie aux Fleurs qui va bien au site.







Et à côté et au dessus des escalators centraux, toute une faune magique en bambou et papier vous survole et vous surveille...

Ai Weiwei - Dragon ecaladant - Au Bon Marché - Photo: lfdd

Ai Weiwei - Les oiseaux chu - Au Bon Marché - Photo: lfdd


Ai Weiwei - Rencontre-favorable - Au Bon Marché - Photo: lfdd

Ai Weiwei - Le Wu céleste - Au Bon Marché - Photo: lfdd

Vingt-deux créatures suspendues dans les airs vous accompagnent dans l'espace centrale et vous avez tout loisirs de tourner autour d'eux.

Récemment, et à deux occasions a encore fait parler de lui avec sa liberté de décision et d'action - ou d'interprétation, d'une part, en protestation contre "l’adoption, mardi 26 janvier, par le parlement danois, d’une loi qu’il juge «honteuse». Celle-ci permet notamment aux autorités danoises de saisir les biens des réfugiés au delà d’une valeur de 1300 euros." 
"L’artiste chinois Ai Weiwei a annoncé qu’il retirait ses oeuvres du musée d’art moderne ARoS situé à Aarhus, au Danemark."
En savoir plus dans l'article paru dans Le Monde du 29/01/2016.

Et encore plus récemment, Ai Weiwei a reproduit la photo montrant le cadavre du petit Syrien Aylan échoué sur une plage grecque.





 L'artiste chinois a passé plusieurs jours sur l'île de Lesbos en solidarité avec les migrants qui risquent leur vie en traversant la Méditerranée. Il demande un #SafePassage - plus de sécurité pour les réfugiés.





#SafePassage

La Fleur du Dimanche

mercredi 3 février 2016

I Apologize: l'hésitation danse l'hésitation. Gisèle Vienne trouble.

Le premier tableau fait jaillir une constatation venue du coeur d'un spectateur au coeur du public: "Ça promet", et effectivement, "I Apologize" a tenu ses promesses.


I Apologize - Gisèle Vienne - Photo: Philippe Munda

Pas d'excuses, l'hésitation est partout, dans les mouvements des danseurs-acteurs, déjà à l'entrée en scène, dans la perception que le public peut avoir de ce qui se passe sous ses yeux: 
Sont-ce des vraies poupées ou de faux danseurs, des jeunes filles qui prennent vie dans le désir du spectateur que ce ne soient pas des êtres inanimés, dans le décor qui se construit et se déconstruit dans un va et vient fébrile et nerveux, dans le texte qu'on entend - qui parle - dans cette langue qui volontairement n'est pas comprise forcément par le spectateur (même si la traduction est dans le livret de salle), dans le temps qui ne dit pas son trajet, dans les attitudes que l'on n'arrive pas à décoder - Jonathan Capdevielle electron libre chargé.





Et puis la musique qui hésite entre le silence et un fracas assourdissant, un bruit d'enfer, dans les coups de feu qui ne se tirent pas et ne tuent pas des poupées mortes...
Et nous nous tuons les yeux à voir ces poupées bouger, comme on rêverait de revoir une personne qui, c'est sûr, n'est plus là ou pas là. Et de les voir ainsi immobile, incarnant notre envie de vie, hésitant entre l'angoisse et le désir.

Et surtout cet impressionnant corps mort qui danse la mort dans toute son immobilité et se retrouve en train de revivre sous un baiser d'amour philiaque - hiératique et imposant Jean-Luc Verna. Et nous joue de tours et des poses de fantasmes.

Et cette danseuse qui hésite entre la danse et une merveilleuse poupée mécanique, qui est également dans l'instabilité totalement maîtrisée - intrigante Katia Petrowick qui habite magnifiquement le rôle créé par Katja Rottgerkamp

Et bien sûr ,cette hésitation qui nous empêche de savoir si nous sommes dans du réel, du rêve et du fantasme. Et même de ne pas savoir si la suite du spectacle n'a pas eu lieu avant déjà.

Et pour finir, personne n'est mort, parce que le mort se relève et s'enfuit courant avec le pistolet qui l'a laissé - semble-t-il - pour mort en ciblant le ciel....   

Cette hésitation, ce trouble Gisèle Vienne dans ce dernier spectacle en joue complètement avec le spectateur, qui, piégé par cette attente - son attente - et sa projection va l'emmener dans un voyage fantasmatique, à la limite du mal-être, jouant sur les marges, les attitudes et le décalage entre les relation humaines réelles et le rêve éveillé, une certaine inquiétante étrangeté dont nous ne sortons pas indemne.

Avec le besoin de se rejouer ces "scènes primitives" et de lire la traduction du texte. Par exemple:
"Tu as l'air de penser que je ne suis pas comme les autres, tu l'as toujours cru d'ailleurs, même quand je te faisais les pires crasses, et c'est pour ça que je t'aime autant. Pourtant, au final, on dirait que je ne suis pas si différent que ça."..... "Avant je n'arrêtais pas de me regarder le nombril pour mieux me comprendre, mais maintenant j'ai juste envie d'agir, et non de réfléchir."

"Pas le gosse qui rêvait que ce serait quelque chose de magique? Pas le gosse qui pensait qu'il s'adapterait à tout comme un astronaute. Pas le gosse qui tombait dans les vapes sur le bitume comme si c'était son sac de couchage...."....




"I Apologize" est une pièce de Gisèle Vienne, Dennis Cooper (texte) et Peter Rehberg (musique), crée en collaboration avec et interprétée par Jonathan Capdevielle, Katia Petrovick et Jean-Luc Verna.

représentations au Maillon Strasbourg le 3, 4 et 5 février 2016

Bon Spectacle

La Fleur du Dimanche  

dimanche 31 janvier 2016

El Cigala ayant chanté, les fleurs sont revenues, les histoires d'amour aussi...

Un boléro dans la nuit d'hiver, chaloupé, entraîne vers des rivages lointains, et convoque des souvenirs, pousse aussi à la découverte.

Les fleurs ont fait des tentatives, les mimosas, les crocus sont en avance et on se met à rêver de muguet et de lys....

Crocus de janvier 2016 - Phot: lfdd


Le flamenco sobre et profond d'El Cigalo chantant "La Historia de un Amor", magnifique est la porte ouverte vers des découvertes surprenantes.

Osez le Mimosa - Photo: lfdd

La première étant le nombre d'interprètes ayant chanté cette chanson - je vous en ai sélectionné quelques-un(e)s pour votre plaisir et votre découverte - il y en a bien qui vous étonneront ou surprendront ou vous plairont.

Fleurs - Vitrail - Eugen Boerner - Musée Offenburg - Photo:lfdd


Donc, ce jour ne sera pas l'objet d'une réflexion philosophique - pour changer un peu - mais l'occasion, après avoir admiré les fleurs d'un superbe vitrail vu au Musée d'Offenbourg - Museum im Rittershaus (allez-y, ce n'est pas loin et vaut le détour) d'avoir une écoute comparée de ce titre, "Historia de un amor" (Histoire d'un amour en espagnol) écrit en 1955 par l'auteur panaméen Carlos Eleta Almaran inspiré par la récente disparition de la femme de son frère.

Fleurs - Vitrail - Eugen Boerner - Musée Offenburg - Photo:lfdd


Bande-son du film mexicain éponyme de 1956 avec l'actrice Libertad Lamarque, elle devient rapidement un succès mondial. Elle a été interprétée par entre autres, Luis Mariano, Pérez Prado, Nicola Di Bari, Abbe Lane, Julio Iglesias, Angélica María, Nana Mouskouri, George Dalaras, Perez Prado, Laura Fygi, Iva Zanicchi, Eydie Gormé et Trio Los Panchos, Dizzy Reece, Guadalupe Pineda, Pedro Infante, Luz Casal, Ana Gabriel, Luis Miguel, Yasar, Lili Boniche, Los Tres Ases, Dany Brillant, Sargis Maghakyan Sr., Cesária Évora, Agnès Jaoui. Elle a aussi été traduite et interprétée en anglais, en français (Dalida, Gloria Lasso), en russe intitulée Pervaya vstrecha, en polonais intitulée Moje zycie, twoje zycie (chantée par Stanislawa Celinska), en arabe intitulée Dak El-Mahroum écrite et chantée par Cheb Hasni, en persan et en chinois intitulée "wo de xin li zhi you ni mei you ta" chantée par Jin Ting (1960) et Leslie Cheung.

Fleurs - Vitrail - Eugen Boerner - Musée Offenburg - Photo:lfdd


En voici donc quelques versions.

D'abord par l'interprète originale Libertad Lamarque: 




La Historia de un Amor 

Ya no estas mas a mi lado, corazón 
En el alma sólo tengo soledad 
Y si ya no puedo verte 
porque Dios me hizo quererte 
para hacerme sufrir más 

Siempre fuiste la razón de mi existir 
Adorarte para mí fue religion 
Y en tus besos yo encontraba 
El calor que me brindaban 
El amor y la pasión 

Es la Historia De Un Amor 
Como no hay otro igual 
Que me hizo comprender 
Todo el bien, todo el mal 
Que le dió luz a mi vida 
Apagándola después 
Ay, qué vida tan oscura 
Sin tu amor no viviré 

Ya no estas mas a mi lado, corazón 
En el alma sólo tengo soledad 
Y si ya no puedo verte 
porque Dios me hizo quererte 
para hacerme sufrir más 

Es la Historia De Un Amor 
Como no hay otro igual 
Que me hizo comprender 
Todo el bien, todo el mal 
Que le dió luz a mi vida 
Apagándola después 
Ay, qué vida tan oscura 
Sin tu amor no viviré

Ya no estas mas a mi lado, corazón 
En el alma sólo tengo soledad 
Y si ya no puedo verte 
porque Dios me hizo quererte 

para hacerme sufrir más"


Luz Casal - Historia de un Amor





Guadalupe Pineda - Historia de un Amor:






Dalida - Histoire d'un amour (Historia de un amor) - 1957





Histoire d'un amour

Mon histoire c'est l'histoire d'un amour
ma complainte c'est la plainte de deux coeurs
un roman comme tant d'autres
qui pourrait être le votre
gens d'ici ou bien d'ailleurs

C'est la flâmme qui enflâmme sans bruler
C'est le rêve que l'on rêve sans dormir
Comme un arbre qui se dresse
Plein de force et de tendresse
Vers le jour qui va venir

Refrain
C'est l'histoire d'un amour, éternel et banal
Qui apporte chaque jour tout le bien tout le mal
Avec l'heure ou l'on s'enlace celle ou l'on se dit adieu
Avec les soirées d'angoise et les matins merveilleux

Mon histoire c'est l'histoire qu'on connait 
Ceux qui s'aiment jouent la même je le sais
Et tragique ou bien profonde
C'est la seule chanson du monde
Qui ne finira jamais.

C'est l'histoired'un amour 
Qui apporte chanque jour tout le bien tout le mal
Avec l'heure ou l'on s'enlace celle ou l'on se dit adieux
Avec des soirées d'angoisse et les matins merveilleux

Mon histoire je le sais
Mais naïve ou bien profinde
C'est la seule chanson du monde 
Qui ne finira jamais 
C'est l'histoire d'un amour"


Historia de un amor - Cesaria Evora  avec de superbes images de Garik Manukyan:



Et une autre version:





Gloria Lasso - histoire d'un amour - 1958:




Historia de un amor par Laetitia Casta: 


 



Et en chinois :





Et pour finir, Richard Galliano - Historia de Un Amor:





Et le maître "Diego el Cigala":



Bon dimanche

Le Fleur du Dimanche

mercredi 27 janvier 2016

Hommage à Gottfried Honegger: la mauvaise herbe ne meurt jamais - Unkraut vergeht nicht

Il y a dix jours, Gottfried Honegger, âgé de 98 ans est mort à Zurich. Cet artiste qui a fréquenté Barnett Newmann, Marc Rothko et Sam Francis à New York dans les années 30 a commencé à casser les carrés: "Moi je dis que la vie n’est pas carrée. Et je décale". Et consacre sa vie à la création artistique, à sa diffusion et offre sa collection qu'il a rassemblé avec sa femme Sybil Albers à la commune de Mouans-Sartou qui crée l'Espace de l'Art Concret.
Une exposition rétrospective "alpha omega" présentant ses travaux de jeunesse en regards de ses dernières réalisation vient de démarrer le 24 janvier et est visible jusqu'au 24 mai 2016. 
Premier hommage posthume (pas volontaire) après celui du Centre Georges Pompidou l'été dernier.

La Fleur du Dimanche ne peut que s'associer à cet hommage par une libre interprétation d'une des thématiques qu'a creusé Gofffried Honegger à travers une publication "Le journal sentimental d'une mauvaise herbe" dont je vous livre la note d'intention de l'auteur et la couverture:


« Au nom de toutes les mauvaises herbes du monde, je remercie mon éditeur de publier des extraits de nos journaux intimes. En effet, la vie devient pour nous chaque jour plus difficile. Les seuls qui comme nous souffrent de l'ignorance sont les intellectuels dans le monde entier.
Si nous, les mauvaises herbes, nous voulons donner au monde un peu de couleur, montrer qu'être pauvre ne veut pas dire être malheureux, les intellectuels sont des gens persuadés qu'avec leur art ils seront capables, sinon de changer ce monde, du moins d'apporter un peu plus de justice, montrer que la vie dans tous ses aspects témoigne du miracle de vivre.
Oui, nous les mauvaises herbes et les intellectuels, nous portons en nous les seuls germes qui un jour seront le début de la création d'un paradis sans pommier et sans serpent. » Gottfried Honegger


Et comme l'on dit "Unkraut vergeht nicht - la mauvaise herbe ne meurt jamais", rendons-lui hommage en photo:

Hommage à Gottfried Honegger - Photo: lfdd


Hommage à Gottfried Honegger - Photo: lfdd


Hommage à Gottfried Honegger - Photo: lfdd


Hommage à Gottfried Honegger - Photo: lfdd


La Fleur du Dimanche