dimanche 30 septembre 2012

Musica ou Symphonia, les musiques de l'automne

Musica continue son voyage (voir chronique de mardi)... Aujourd'hui, un grand jour, John Cage que j'ai cité pour le TVA du 16 septembre, va voir sa "Lecture on Nothing" remise en scène et interprétée par le grand Robert Wilson (ce soir à 18h00 à la Cité de la Danse et de la Musique).
C'est également la dernière occasion de voir l'exposition de François Sagnes au Coeur m'en dit (voir la présentation et la photo-hommage ce mercredi). Les roses y ayant été changées en petites boules blanches et roses que la fleuriste a appelées "Symphonia" - encore de la musique! - je vous les offre ce dimanche et sollicite votre avis: Qu'en pensez-vous ? Quel est le vrai nom de ces fleurs ?


Symphonie de fleurs contemporaines : des symphorines - Photo: lfdd















...
Pour continuer sur ma lancée des retours en arrière, merci à Martine pour les Colchiques, dont je vais vous offrir l'interprétation "historique" de Jacques Douai...




L'auteur, ce n'est pas lui, contrairement à ce qu'aurait pu laisser croire ma réponse de dimanche dernier, mais Francine Cockenpot. Et la chanson se termine par:


"Et ce chant dans mon coeur
Murmure, murmure
Et ce chant dans mon coeur
Murmure le bonheur"

Si vous êtes patients, vous aurez entendu "Des monts et merveilles", la chanson des "Visiteurs du Soir".
En supplément de TVA (vous en avez déjà eu deux, mais temps de disette oblige, voilà l'Automne:


L’Automne

Sois le bienvenu, rouge Automne,
Accours dans ton riche appareil,
Embrase le coteau vermeil
Que la vigne pare et festonne.
Père, tu rempliras la tonne
Qui nous verse le doux sommeil ;
Sois le bienvenu, rouge Automne,
Accours dans ton riche appareil.
Déjà la Nymphe qui s’étonne,
Blanche de la nuque à l’orteil,
Rit aux chants ivres de soleil
Que le gai vendangeur entonne.
Sois le bienvenu, rouge Automne.

de Théodore de Banville, et il est beau.

Bon Dimanche 

La Fleur du Dimanche

P.S. Merci à Christine qui a trouvé le nom "Symphorine", ça rime!

samedi 29 septembre 2012

La CP de V ALVAE: Couvert puis découvert: Le Barrage Vauban à Strasbourg

Quelquefois appelé, à tort, "Pont Couvert", parce que le passage actuellement encore fermé à cause des travaux - se fait à l'intérieur du bâtiment, le "Barrage Vauban" à Strasbourg a été un moment comparé à une oeuvre de Christo.


Barrage Vauban "emballé" - Strasbourg 2010 - Photo: lfdd

Recouvert de bâches pour les travaux, avec sa jupette blanche, il a subi des travaux pendant deux ans et après remplacement du gazon par du sedum, une plante grasse ne demandant pas d'entretien (voir notre photo du 8 juillet 2012), le voilà à nouveau visible et comme neuf.

Le voici découvert des Ponts Couverts, les vrais:


Barrage Vauban "découvert" - Strasbourg 2012 - Photo: lfdd

Il le sera bientôt pleinement et mis en lumière.

Bonne découverte

La Fleur du Dimanche 

P.S. "La CP de V ALVE" = La Carte Postale de Vacances à laquelle vous avez échappé"

P.P.S. Ça y est, ce jeudi 4 octobre 2012, il a été inauguré  et mis en lumière et vous pouvez vous y promener.

mercredi 26 septembre 2012

La rentrée des exposition, c'est aussi à Strasbourg


La semaine dernière, je vous l'avais annoncé, la rentrée, c'est aussi la rentrée des galeries et des expositions.
J'avais commencé par un tour des expositions à Lyon, aujourd'hui, le menu c'est Strasbourg et environs.
Nous démarrons avec de belles expositions.
Pour commencer, photo oblige, un exposition qui est en relation avec Lyon, puisqu'on y a déjà vu Tom Drahos, c'est le Coeur m'en dit, rue Sainte Madeleine, où l'infatigable Madeleine Millot-Durrenberger avec l'Association In Extremis nous offre un beau parcours de François Sagne.
En hommage, un bouquet de roses blanches "volé" à Madeleine à l'entrée de la salle.


3 Roses - Hommage à François Sagnes - Photo:lfdd

Vous y verrez son travail depuis ses "relectures de la "Mélancholie" de Dürer - ses premiers travaux photographiques, jusqu'à quelques petits bijoux offerts, et bien sûr ses images de temples, de pyramides, de blocs de marbre de Carrare, de pierres de Comblanchien ou de pierres noires de Belgique.
Dépêchez-vous, l'exposition est encore visible vendredi 28, samedi 28 et dimanche 30, de 14h00 à 20h00.



Sinon, le reste des expositions est de belle tenue.
A la Galerie Bamberger, vous avez Jan Voss jusqu'au 13 octobre avec "Music for hot Potatoes".

Bertrand Gillig, expose Patrick Bastardoz jusqu'au 13 octobre.

La galerie Ritsch-Fisch montre les superbes travaux (dessins et peintures) sur papier, toile et ardoises de Joël Kermarrec.

Et Fredd Croizer à la Galerie Radial Art Contemporain nous présente les relectures très contemporaine des maîtres du passé par Frank Fischer.



Et si vous traverser le Rhin, à une demi-heure de Strasbourg, à Durbach vous trouverez une superbe rétrospective d'un artiste strasbourgeois, en l’occurrence un des plus importants, dont une exposition à Paris s'achève à la Galerie Cour Carrée, c'est Germain Roesz, dont une très belle et très complète rétrospective de son oeuvre (il y a même un tableau de 1972) côtoie des chefs-d'oeuvres du groupe Cobra.
C'est au Museum für Aktuelle Kunst, du collectionneur Rüdiger Hurrle qui partage ses collections (et celle des musées et collectionneurs privés qui se sont prêtés à l'appel.

Bonnes expositions

La Fleur du Dimanche.

mardi 25 septembre 2012

Musica: la semaine du cabaret à la danse en passant par le film

Musica a pris ses quartier d'automne à Strasbourg et mène le bal.

Pour commencer, un hommage rendu en de multiples variations à John Cage qui aurait fêté ses cent ans cette année.
Et ce soir, un hommage "concert, cabaret et dancefloor" dans l'Aula du Palais Universitaire avec plein de surprises, avec pour maîtres de cérémonie, Pierre Boileau et Sabine Cornus. 
Dimanche 30, une re-création de la "Lecture on Nothing" de Cage par Robert Wilson.
Cage disait:
"Je n'ai rien à dire et je le dis, la poésie est là, dont j'ai besoin, et dans le temps organisé, nous ne devons pas avoir peur des silences."
Tout un programme à découvrir absolument !

Pour vous en donner un avant-goût, voici son 4'43" - dit "four minutes forty-three seconds" joué par le maître lui-même ! Dressez l'oreille, les spectateurs et autres non-auditeurs sont très bruyants...


...

Pour profiter de quelques minutes de silence, je vous offre la vue du piano préparé pour la pièce "Sonatas et interludes" jouées ce samedi par Rolf Hild pour une chorégraphie de Rui Horta interprétées magnifiquement par la danseuse Sylvia Bertoncelli.


Piano prépare pour John Cage - Photo: lfdd

Les gommettes et les vis sont originales.

Autre programme, celui qui fait dialoguer Charles Yves et John Adams mercredi 26.
Jeudi, c'est cinéma et musique avec les superbes film d'animation de Jan Svankmajer sur lesquels François Sarhan "augmente" les courts-métrages de Jan Svankmaier avec sa musique et ses bruitages.
Vendredi c'est opéra, mais il faut filer à Mulhouse, à la Filature pour y assister.
Et samedi c'est danse avec Rui Horta puis concert avec le Philharmonique de Bruxelles au PMC...

Et si vous voulez fêter les 40 ans de la "face cachée de la lune" des Pink Floyd, essayer de réserver les dernières places...

Bons concerts

La Fleur du Dimanche

lundi 24 septembre 2012

Le temps met fin aux hautes pyramides: Marcel Hanoun rejoint Louise Labé

Marcel Hanoun, cinéaste aux plus de 76 films s'est éteint ce  samedi à 82 ans et a rejoint Louise Labé, poétesse lyonnaise du 16ème siècle à laquelle il a consacré un film : "Le temps met fin aux hautes pyramides."

Cette poétesse de la Renaissance, auteur du poème:
"Baise m'encor, rebaise moy et baise :
Donne m'en un de tes plus savoureus,
Donne m'en un de tes plus amoureus :
Je t'en rendray quatre plus chaus que braise."

a également écrit le sonnet VIII :

"Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
J'ai chaud extrême en endurant froidure :
La vie m'est et trop molle et trop dure.
J'ai grands ennuis entremêlés de joie.
Tout à un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j'endure ;
Mon bien s'en va, et à jamais il dure ;
Tout en un coup je sèche et je verdoie.
Ainsi Amour inconstamment me mène ;
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.
Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être au haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur."

La mémoire de Marcel Hanoun, dont le premier long métrage "Une histoire simple" eut le prix de l'Eurovision à Cannes en 1959 et où il annonce dans le carton du générique de début: "Je n'ai rien imaginé, rien inventé" a continué sur sa lancée, inventant continuellement le cinéma et son écriture.

Sa profession de foi était:
"Je crois que l'oeuvre n'a pas d'époque, que le temps ne peux corrompre le langage. Je crois aussi que "la mise en circulation, la diffusion de toute nouvelle création audiovisuelle est un droit, elle ne peut être qu'un pari, le pari que l'oeuvre parte à la découverte d'un public nouveau, inconnu, qui reconnaisse à son tour une oeuvre nouvelle, non répétitive, inattendue"

Il a marqué grand nombre de cinéastes et nous le garderons dans notre mémoire...

Si vous souhaitez découvrir ses films, un site vous permet de les voir librement:
http://www.atelier-de-marcel-hanoun.com/


Et ici le film de 1983 appelé "Autoportrait"

La Fleur du Dimanche

Le Cinéma du lundi: Quelques heures de printemps...

Tout d'abord, lever une ambiguïté: ce n'est pas l'histoire de la fin de vie, même si la fin de vie est belle.
Ce n'est pas non plus un film militant, même si c'est un film engagé et profondément humain.
Mais ce qu'il décrit, justement et si justement, c'est la difficulté d'être humain, de communiquer et d'aimer.
On retrouve là bien le propos de Stéphane Brizé, qui très sobrement, sans effet, nous fait de l'effet..... et ses magnifiques comédiens, complètement habités par les personnages, plus vrais que nature, sont sublimes, hiératiques.




Des félicitations à Vincent Lindon, le fils taiseux et violent, Hélène Vincent, la mère ordonnée et glacée, Emmanuelle Seigner, la rencontre de l'espoir, Olivier Perrier, le voisin conciliateur, tous magnifiques.
L'image est à l'unisson du film et la musique, composée par Nick Cave et Warren Ellis, pour le film "L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford", fonctionne à merveille dans cette atmosphère.

Bon Film

La Fleur du Dimanche

P.S. Le concert avec l'orchestre philharmonique de Strasbourg pour le film multi-récompensé "The Artist" dans le cadre du festival Musica ce dimanche a été un énorme succès:  applaudissements dès le générique de fin avec l'accompagnement de l'orchestre et standing ovation pour le film, l'orchestre et le compositeur Ludovic Bourse qui jouait au piano.
Le film a gagné en chaleur dans cette représentation et les moments d'étrangeté n'en sont devenus que plus apparents.

dimanche 23 septembre 2012

Les noix tombent dans la piscine, et les colchiques, dans les prés...

Amis lecteurs, ne me laissez pas tranquille.
C'est comme cela que je vous aime, quand vous réagissez, me posez des questions, me donnez des réponses, me proposez des photos, ou suggérez des TVA...
Et même êtes à l'origine d'un titre totalement interactif.
La Fleur du Dimanche est interactive et active dans ce sens...

Donc, petit clin d'oeil à Cathie A. donc qui a lancé ce titre en l'air et m'a rappelé l'inconnue fleur rouge en croix.

Alors, pour elle et sa fille une fausse marguerite à effeuiller, voisine de la Fleur rouge feu du 9 septembre.


Marguerite à effeuiller - Photo: lfdd

C'est une marguerite d'amour - toujours - trouvée dans le jardin médiéval du village d'Aixes-sur-Vienne, au confluent de la Vienne et de l'Aixette, avec ses moulins et une très belle promenade le long des cours d'eaux.

Une autre, voisine, ci-dessous, mais auparavant, la réponse à la question du 9 septembre. La fleur rouge est une "Lychnis Calcedonica" ou "Lychnide Croix de Jérusalem". 
Le Littré nous apprend que dans la famille - Les Caryophyllées -  et je le cite pour la poésie des noms: "il y a des "la lychnide fleur de coucou, dite amourette des prés, coucou, coucou des prés, et improprement véronique ; la lychnide dioïque, appelée compagnon blanc, jonc des jardiniers, passe-fleur sauvage; la lychnide chalcédonique, nommée aussi croix de chevalier, croix de Jérusalem ou de Malte, fleur de Jérusalem, fleur de Constantinople, fleur écarlate; la lychnide githago, appelée vulgairement githage, nicelle, et qui est l'agrostemme githage de certains auteurs; on la désigne encore sous les noms de githage des prés, faux mélanthion, et pseudo-mélanthion; la lychnide coronaire, dite passe-rose parisienne, oeillet de Dieu, rose de sainte Marie, et qui est au nombre des plantes appelées par les jardiniers coquelourde; elle a été l'agrostemme coronaire ou agrostemme des jardins de certains auteurs, et pour d'autres la coquelourde des jardins; la lychnide fleur de Jupiter, dite vulgairement fleur de Jupiter; la lychnide grandiflore, pour laquelle Loureiro avait créé son genre hédone".



Marguerite à effeuiller - Photo: lfdd

Et les colchiques me direz-vous? j'en ai en stock, mais je ne vais vous servir que le TVA "colchique", en l’occurrence le poème de Guillaume Appolinaire:


Les Colchiques 

Le pré est vénéneux mais joli en automne
Les vaches y paissant
Lentement s’empoisonnent
Le colchique couleur de cerne et de lilas
Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-la
Violatres comme leur cerne et comme cet automne
Et ma vie pour tes yeux lentement s’empoisonne

Les enfants de l’école viennent avec fracas
Vêtus de hoquetons et jouant de l’harmonica
Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères
Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières
Qui battent comme les fleurs battent au vent dément

Le gardien du troupeau chante tout doucement
Tandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent
Pour toujours ce grand pré mal fleuri par l’automne.


Bel automne et n'oubliez pas d'allez aux concerts de Musica, comme je vous l'avais annoncé dimanche dernier, sous le signe de John Cage !
Le concert de ce dimanche matin en hommage à son centenaire a vu une magnifique prestation du pianiste Wilhelm Latchoumia avec des superbes pièces de Mincek, Filidei, Pesson, Jodlowski, Combier, Jarrel et les variations de Cage sur piano-jouet.
Le festival qui a superbement commencé vendredi soir au Palais de la Musique et des Congrès avec une magistrale version concertante de Moïse et Aaron de Schoenberg et a continué samedi matin avec le Kammerensemble Neue Musik de Berlin et l'après-midi avec l'entraînant concert d'Ictus promet une belle suite.

Bonne semaine.

La Fleur du Dimanche

P.S Merci au très sympa mot de Béatrice S.:
"Marguerite d'amour, mon beau souci ; effeuillons donc nos soucis afin qu'il n'en reste que le coeur rempli d'amour."

De quoi offrir un TVA supplémentaire cité par un exilé français en Belgique:
"LVMH signifie "La Vie Mais sans Hollande""

Ca y est, les commentaires pleuvent: 
Raymond P. nous dit:
"M. Wilhelm Albert Włodzimierz Apolinary de Wąż-Kostrowicki est une nouille. Les vaches ne s'empoisonnent pas, vu qu'elles ne broutent pas les colchiques."