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lundi 31 mai 2021

Mithridate au TNS: Sortir... de cette impasse à poison

 Sortir... tel pourrait être le slogan (ou la clé) du nouveau spectacle que nous offre le TNS, Mithridate de Racine mis en scène par Eric Vigner.

TNS - Mithridate - Jean Racine - Eric Vigner - Photo: Jean-Louis Fernandez


Oui, sortir à nouveau pour aller au spectacle, aller dans une salle qui était, encore jusqu'à hier occupée pour défendre le statut des intermittents, des précaires, des jeunes déboussolés, enfermés dans leurs chambres et leur solitude, leur désespoir quelquefois auquel la situation les accule.

Ne pas sortir, aussi pour garder un toit pour les précaires, comme le clamaient, le criait le porte-parole des "jeunes" en lutte, en cette fin de trêve hivernale, en prélude au lever de rideau, pour "ne pas faire silence", exprimer cette pensée qui veut vivre!

Sortir pour se revoir, se confronter avec les autres, et avec la culture qui nous offre ses moments de réflexions pour ne pas se laisser empoisonner par la banalité du quotidien ou la peur de la maladie.

Sortir pour renouer avec la communion de la culture, ferment de réflexion, graines (empoisonnées?),  à tout le moins poil-à-gratter de l'esprit) semées pour réveiller notre vitalité qui commençait à s'endormir.


TNS - Mithridate - Jean Racine - Eric Vigner - Photo: Jean-Louis Fernandez


Sortir pour assister à un drame historique de l'antiquité revisité dans la sublime langue de Racine sculptée en alexandrins limpides et riches de  sens.

Comme le dit Eric Vigner dans l'entretien accordé à Fanny Mentré dans le programme de la pièce:

"L'alexandrin classique est très riche, complexe et simple à la fois, un seul vers contient plusieurs informations de nature différentes, des paradoxes que l'on doit considérer. Il obéit à une construction rythmique avec laquelle on doit travailler. C'est un exercice exigeant pour les acteurs qui demande une grande mobilité de l'esprit, du corps et du sentiment pour ne pas tomber dans le piège de la prosodie."

Chez Racine, chaque mot compte et l'on n'est pas là pour bavarder. On peut à ce sujet regretter le traitement un peu trop rap et haché de la diction de Thomas Joly pour Xypharès, en espérant que c'est l'effet "première" et qu'il rythmera moins pour la suite les phrases polies comme des bijoux de Racine pour en transmettre aux spectateurs également le sens et pas que la poésie. Car ne dit-il pas lui-même que lorsqu'il a découvert ce texte il a été "frappé de la richesse du scénario, de la sophistication de la fable, de l'entremêlement des enjeux intimes et politiques... Et bien sûr ébahi par la langue, l'incroyable capacité de dire tant de choses profondes en si peu de mots simples."


TNS - Mithridate - Jean Racine - Eric Vigner - Photo: Jean-Louis Fernandez

Le sens, cette balise auquel il faut se raccrocher fort, tellemment cela tourne à l'image de l'écran-rideau, voile et girouette qui occupe le centre de la scène, l'essentiel du décor presque. Ce rideau de perle à la fois meuble qui ponctue et oriente l'espace, "coupe" à un moment d'un trait noir le corps de Pharnace (Jules Sagot), se déploie telle une voile de navire à l'image de la flotte de combat de Mythridate, moulin qui brasse les personnages et les événements, paroi de confessionnal ou mur de séparation entre les personnages, incluant ou excluant les protagonistes pour finir comme tombe qui ensevelit le mort.

Ce mort, Mithridate, déjà (faussement mort au début de la pièce) qui fait sa résurrection, qui toute sa vie a combattu la mort en ingurgitant des poisons (pour se mithridatiser), mais qui n'a pas su sauver ni son amour (filial ou pour sa "reine"), ni les relations de confiance avec ses proches (envenimées par ses folies et ses ambitions politiques et guerrières). Mais c'est cela aussi le moteur de la pièce et notre plaisir de la surprise et la source des multiples revirements:

"J'ai su par une longue et pénible industrie
Des plus mortels venins prévenir la furie.
Ah ! qu'il eût mieux valu, plus sage, et plus heureux,
Et repoussant les traits d'un amour dangereux,
Ne pas laisser remplir d'ardeurs empoisonnées
Un coeur déjà glacé par le froid des années ?
De ce trouble fatal par où dois-je sortir ? "

TNS - Mithridate - Jean Racine - Eric Vigner - Photo: Jean-Louis Fernandez



Quelle est l'issue? Quand on pense qu'on l'a trouvée, un nouveau revirement vient amener une nouvelle situation et un nouveau cap et une nouvelle surprise. Mais l'important dans cette pièce c'est effectivement de pouvoir se rendre compte de la responsabilité de ses actes et de ne pas "rater sa sortie", en l'occurrence de pouvoir être fier de ce qu'on laisse derrière soi en partant.

Pour Eric Vigner, une des raisons du choix de cette pièce était de travailler sur l'idée de transmission qu'elle contient en faisant travailler ensemble des comédiens qui abordaient Racine pour la première fois: "Que reste-t-il à l'heure de sa mort? Quel monde va-t-on transmettre? J'aime  cette distribution qui réunit quatre générations d'acteurs - cinquante ans de l'histoire du théâtre."

TNS - Mithridate - Jean Racine - Eric Vigner - Photo: Jean-Louis Fernandez



Et l'on ne peut que le féliciter pour cet éclectisme, entre un jeune comédien dans toute sa fraîcheur Yanis Skouta (Arcas - Romain Gneouchev en alternance) sorti récemment (en 2019) de l'école du TNS, Jules Sagot (Pharnace) de l'école du Théâtre National de Bordeaux en 2013, Thomas Jolly, comédien et metteur en scène, directeur de la Picolla Famiglia, et Philippe Morier-Genoux (Arbate, Phaedime), fondateur du Théâtre Partisan à Grenoble en 1967 et qui a travaillé de nombreuses années avec Georges Lavaudan et Roger Planchon et qui est aussi connu par la télévision et le cinéma et qui a une merveilleuses présence sur le plateau. Sans oublier la princesse Monime, Jutta Johanna Weiss qui entre Vienne, New York, Avignon (Andreï Serban), Paris et Moscou (Anatoli Vassiliev) qui éclabousse la scène, magnifique personnage qui joue de sa force et de sa droiture face à ce roi désorienté et ose exprimer sa vérité et sa passion brûlante - et sa distance aussi dans un jeu très incarné. Profitons-en pour citer la créatrice des costumes Anne-Cécile Hardouin, qui lui a réalisé une magnifique robe, entre qu'elle fait varier de la monacale enflammée ou suppliante (avec ses ailes d'ange) à la Carmen envoûtante dévoilant ses mollets. Le jeu du noir et du blanc pour les deux fils et du rouge pour Mithridate et Monime (avec des variations) jouent sur une riche sobriété. Le décor, avec le rideau de perles déjà cité et une "tour sans fin" brancusienne tiennent aussi du symbolique à la fois discret et puissant, tout comme le feu qui brûle l'obscurité du début, que les effets de lumières simples mais puissants de Kelig le Bars sculptent en ambiances hiératiques. A l'image de cette scénographie, la composition musicale et sonore de John Kaced renforcent la puissance émotionnelle de la pièce.


La Fleur du Dimanche


Stanislas Nordey, directeur du TNS a dédié, à la fin des saluts, cette représentation à Joëlle Abler, attachée à la production au TNS, qui venait de décéder. Toutes nos pensées à la famille, aux proches et à l'équipe  du TNS.


Mithridate

Au TNS le 31 mai, 1 et 2 juin 2021  18h00

le 4, 5, 6, 7 et 8 juin 2021 à 18h00


CRÉATION AU TNS

COPRODUCTION


Texte Jean Racine

Mise en scène et scénographie Éric Vigner

Avec Thomas Jolly Philippe Morier-Genoud, Stanislas Nordey, Jules Sagot, Yanis Skouta, Jutta Johanna Weiss

Lumière Kelig Le Bars

Son John Kaced

Costumes Anne-Céline Hardouin

Maquillage Anne Binois

Assistanat à la mise en scène Tünde Deak

Assistanat à la scénographie Robin Husband

Régie générale Bruno Bléger

Thomas Jolly est metteur en scène associé au TNS


jeudi 14 mars 2019

Un Amour Impossible de Christine Angot au TNS : La preuve par trois

Un livre, un film, une pièce de théâtre. Une déclinaison par trois d'une histoire d'un amour impossible. Impossible pour les trois protagoniste, impossible pour les trois amours, encore que...
La pièce "Un Amour Impossible" que Christine Angot a écrite pour Célie Pauthe partant de son roman, nous conte dans un flash-back après la rencontre lourde et sans espoir de Christine et de sa mère à la mort de son père - "Nos relations sont foutues. OK?" - l'histoire d'un amour impossible...

La scène  est vide, Christine, que Maria de Meideros va incarner dans toutes ces années, introduit et replace l'histoire dans une vidéo projetée en fond de scène. Et le décor se construit, à partir des meubles qui appellent les souvenirs. 


Un Amour Impossible - Christine Angot - Célie Pauthe - TNS - Photo: Elisabeth Carecchio

Et l'on va, partant des huit ans de Christine, la suivre dans ses tête-à-tête avec sa mère, dans son avancée en âge, ses questions vis-à-vis des amours, amants, fiancés de sa mère. De ce père absent mais qui, par une évolution de la loi d'adoption, va revenir dans le jeu. Jeu dangereux, violent, diabolique, et destructeur. Amoral aussi, et que Christine ne pourra pas exprimer, et que la mère ne pourra ou ne voudra pas entendre. Dont elle somatisera, à la révélation par un autre, dans une inflammation des "trompes".

Ainsi, tout au long des changements de décors, d'abord lieu familial, puis appartement privé de Christine puis espaces publics - restaurants - se joueront les trois niveaux du récit: le domestique, le sentimental et le social.


Un Amour Impossible - Christine Angot - Célie Pauthe - TNS - Photo: Elisabeth Carecchio

Et ces trois niveaux vont dévoiler leur imbrication. Le détail du domestique alimentant avec subtilité les relations sentimentales et les schémas sociaux, ainsi que les structures de classe qui transparaissent dans la vie quotidienne et les choix sentimentaux.

Dans une scène digne d'une intervention télévisuelle de Christine Angot, les schémas de pensée réactionnaires et racistes sont déconstruits dans une lecture des relation d'amour et de domination, dans les attitudes du père, autant avec son ex-amante qu'avec le lien envers qu'il a construit avec leur fille.
Mais il ne faut pas se tromper, 

Pour ne pas finir dans un sombre désespoir, un semblant de réconciliation clôt la pièce, scène dans laquelle la mère, Rachel semble dire qu'elle a été aveugle à la totalité de l'histoire, avoue ne pas avoir saisi ce qui se passe, et garder intact l'amour pour cet homme qui l'a abandonné - L'Amour est aveugle... Au grand désespoir de sa fille qui essaie de se trouver un témoin ou un soutien dans son malheur implacable dont elle ne se sort pas.


Un Amour Impossible - Christine Angot - Célie Pauthe - TNS - Photo: Elisabeth Carecchio

Et une vidéo finale dans laquelle Rachel, Bulle Ogier en douceur et tendresse, apporte une touche de sérénité. 

Il y a dans la pièce quelques passages d'humour grinçant - la mention du dernier film de Woody Allen que ne peut rater la mère, - ou dans un second degré caustique: Le discours anti-juif du père à propos d'Israël dans un second degré sexuel plein de sens cachés et symbolique dans e choix du vocabulaire.

Dans ce mille-feuille de sens et de sentiments qui en se superposant les uns aux autres, s'oblitèrent, nous arrivons cependant à lire, à sentir un peu de tendresse bien cachée, que ce soit par les règles de l'éducation ou la douleur qui crie.
Mais comme le dit Célie Pauthe:
"L’écueil serait de percevoir le propos politique qui s’énonce dans cette longue séquence finale comme une parole péremptoire, une forme de leçon. Ce n’est évidemment pas le cas: tout s’origine dans une blessure inguérissable. Il ne s’agit pas de dire: «Voilà, j’ai tout compris» ou «J’en suis sortie et je vous explique.» La blessure est inguérissable mais elle refuse de s’en tenir au statut de victime et retourne sans relâche à l’endroit du crime, de la blessure, pour y puiser des outils de pensée.
Dès 2000, dans Quitter la ville, elle écrivait: « Je ne débrouille pas MON affaire. Je ne lave pas MON linge sale. Mais le drap social.»
L’oeuvre entière de Christine Angot est le contraire d’une prise de parole en surplomb, ce n’est pas un point de vue «sachant » qui viendrait apporter une sorte de lumière de compréhension. C’est un combat, c’est un débat − avec les mots et la pensée pour armes. Et rien n’est gagné.
Dans Un amour impossible, ce qui est remarquable, c’est de voir comment, à travers le temps, chacune à leur manière, la fille et la mère ont travaillé à garder un lien. Ce n’était pas acquis, loin de là. Chez Christine, on peut parler d’un «travail» au sens psychanalytique du terme." 


Et cette preuve par trois que l'amour est impossible et douloureux, ce sont quatre femmes magnifiques - Christine Angot, Célie Pauthe, Maria de Meideros et Bulle Ogier - qui en apportent la preuve en excluant du plateau tous ces hommes, pères, amants, frère qui ne peuvent que faire souffrir ou qui jugent, en n'acceptant dans leur triangle que les porteurs de plateau et les déménageurs de meubles. 


En prime pour vous remettre dans l'ambiance de l'époque, la chanson  fétiche de la pièce: "Histoire d'un amour" chantée par Dalida:
"C'est l'histoire d'un amour éternel et banal
Qui apporte chaque jour tout le bien tout le mal"





La Fleur du Dimanche

Un Amour Impossible

TNS - Strasbourg du 14 au 23 mars 2019

D’après le roman de Christine Angot adapté par l’auteure
Mise en scène Célie Pauthe
Avec Maria de Medeiros,  Bulle Ogier
Collaboration artistique Denis Loubaton
Assistanat à la mise en scène Marie Fortuit
Scénographie Guillaume Delaveau
Lumière Sébastien Michaud
Musique et son Aline Loustalot
Vidéo François Weber
Costumes Anaïs Romand

Production Centre dramatique national de Besançon Franche-Comté
Construction du décor Jean-Michel Arbogast, David Chazelet, Dominique Lainé, Pedro Noguera, Antoine Peccard
Peinture du décor Denis Cavalli, Ghislaine Jolivet- Cavalli, Sybil Kepeklian
Réalisation des costumes Margot Destrade-Loustau, Anne Versel
Réalisation des accessoires Florence Bruchon (assistée de Manon Flamion en stage), Mathias Jacques

Le roman de Christine Angot Un amour impossible est publié aux éditions Flammarion, 2015
Le spectacle a été créé avec l’ensemble de l’équipe permanente et intermittente du CDN Besançon Franche-Comté
Spectacle créé le 7 décembre 2016 au Centre dramatique national de Besançon Franche-Comté

lundi 19 juin 2017

L'autre Saison au TNS finit par un hommage à Avignon... à Vie

La Saison 2017 du TNS étant achevée, l'Autre Saison s'achève aussi, par un hommage, une lettre d'amour à Avignon de Pascal Rambert: Avignon à Vie.
Seul sur scène, le livre à la main, Denis Podalydès lit ce poème d'amour avec passion, emphase et énormément de simplicité.
Ce texte de Pascal Rambert, écrit comme un poème d'Amour à la Ville du Festival est un voyage, voyage dans le temps, voyage dans la mémoire, voyage dans l'histoire de la Ville, des auteurs, acteurs et actrices, danseurs et danseuses, metteur en scènes et chorégaphes et de toutes les pièces qui sont réinvesties et qui ressurgissent du passé par l'invocation de leur nom, du nom des pièces qui ont marqué cette ville et l'histoire du Théâtre en France. 
Jean Vilar, Claude Régy, Antoine Vitez, Bausch, Pina Bausch, Jean-Pierre Vincent, Bernard Faivre d'Arcier, Alain Crombecque et tous les auteurs, metteurs en scène se rappellent à nous. Les lieux ressurgissent, la Palais des Papes, la Presqu'île de la Bartelasse, les Jardins Vergers d'Urbain V, le Cloître des Carmes, le Cloître des Célestins, la carrière Boulbon, la Cour d'Honneur, tous ces lieux aussi reprennent vie au long de ce cérémonial où l'on invoque les esprits des lieux et des personnes...


Avignon à Vie - Pascal Rambert - Denis Podalydès -  Photo: Jean-Louis Fernandez


La prière, sous forme d'une longue antienne nous emporte vers la Ville au Sud, au chaud, en été, au tréfonds de nos souvenirs, tout en s'évadant sur des chemins de traverses. 
Au long d'un trajet toujours recommencé, haché et repris, de la Gare de Lyon jusqu'à l'arrivée, après le dernier canyon où, dans un dernier virage, surgit la ville dans la lumière d'or, le texte nous tansporte dans et hors de ce compartiment de TGV, dans le temps et dans l'espace, dehors dans le paysage et au plus près des autres voyageurs - et voyageuses, dans leur vies réelles ou inventées.
On pose un regard dans les champs que l'on traverse, dans les bistrots imaginaires ou du passé, dans les villes de jeunesse ou sur les quais de gare où l'on (se) perd. On arrive à déceler le processus de création de l'auteur dans les histoires inventées, vécues ou fantasmées dans ce cinéma ambulant, machine à remonter le temps - et à mélanger les espaces et les gens - qu'est un compartiment de train.
Denis Podalydès nous berce de ce rythme de lecture vivant, donne corps et matière à ce texte et à ces fantômes et navigue à vue sur scène en nous guidant vers la célébration de la fête du théâtre.
Et cette invitation à faire le voyage ensemble, nous y souscrivons pleinement.

Un billet aller ! C'est ici:

http://www.theatre-video.net/embed/DTiQuvFY

Bon Spectacle

La Fleur du Dimanche


Avignon à Vie
Au TNS le 19 juin 2017
Texte et mise en espace Pascal Rambert
Avec Denis Podalydès de la Comédie-Française

Production Théâtre de Gennevilliers, centre dramatique national de création contemporaine

Création le 20 juillet 2013 dans la Cour d’honneur du Palais des papes dans le cadre de la 67e édition du Festival d’Avignon.
Les 22 et 23 novembre 2013 au Théatre de Gennevilliers, centre dramatique national de création contemporaine

Le texte est issu d’une commande de France Culture, enregistré en public et en direct le 14 juillet 2011 à Avignon. 

Le texte est édité aux Solitaires Intempestifs.