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dimanche 17 février 2019

Je pars à l'entracte... et n'aurai pas vu ...

Il est des lettres que l'on n'écrit pas, que l'on devrait écrire...

A l'occasion d'un anniversaire, ou non, écrire ce que l'on n'a pas dit, osé dire, ou écrire...

Et à un certain moment, il est trop tard, mais peut-être faut-il le dire quand même, même si la fleur n'est qu'en bouton et que l'on ne la verra pas fleurir:


Camelia en bouton - Photo: lfdd

Nicolas d'Estienne d'Orves a écrit cette lettre "Je pars à l'entracte" longtemps après le suicide de son ami Nicolas...:





Erri de Luca, lui, a écrit, de nombreuses année après son premier livre "Pas ici, pas maintenant" (Non ora, non qui) qui au départ s'appelait en français "Une fois, un jour", "Le tour de l'oie" dont je vous offre un "extrait":


Extrait - Erri de Luca - Le tour de l'oie

Son premier livre commence ainsi:
"Tant que la lumière fut dans ses yeux, mon père fit des photographies. Toute une étagère se remplit de nos images prises dans des circonstances particulières ou banales. La récolte dura dix ans, pas plus: des premières années de bien-être jusqu'à celles de la perte de sa vue. Ainsi reste illustrée jusqu'au détail une époque, peut-être la seule que j'ai réussi à oublier. Les albums, les archives ne soutiennent pas ma mémoire, mais s'y substituent."
   

Peut-être ceci explique cela, peut-être ne faut-il pas faire de photographie pour se "souvenir des belles choses", peut-être faut-il écrire pour les retrouver...

Et vous? Que feriez-vous? Quelle lettre écririez-vous que vous n'avez jamais écrite? Quels souvenirs essayeriez-vous de raviver, de retrouver, de vouloir reconstruire?

Comme Hugues Jallon, qui dans "Hélène ou le soulèvement" raconte l'histoire d'Hélène, qui, étant prise, un soir, en photographie par un inconnu, va le suivre.... le rejoindre en laissant tout derrière elle... en voici un "extrait":   


Extrait - Hugues Jallon - Hélène ou le soulèvement" 

Une lettre que je n'écrirai pas est celle à Bruno Ganz, dont je me souviendrai toujours de ses premières apparitions dans les films de Wim Wenders "L'ami américain" ou le film de Reinhard Hauff "Le Couteau dans la tête" (Messer im Kopf) et plein d'autres...
Et surtout  - et pourquoi? - du film "Dans la ville blanche" et puis de son rôle dans le film de Silvio Soldini "Pain, Tulipes et Comédie" (Pane et tulipani) - allez savoir pourquoi... 
Parce que cela se passe à Venise? Parce c'est l'histoire d'une femme qui se libère ? Parce qu'il y a des fleurs ? Parce qu'il y a de l'amour, de la tendresse de l'humour?

A vous de voir par vous-même, je vous en mets quelques extraits:

Pour commencer, la rencontre :

r

Puis le bouquet de fleurs:





Et puis les Tulipes:

 


Une "découverte" :



Le bouquet de tulipes et la musique:






Bruno Ganz croisé dans l'entrée de la Fondation Beyeler et en face de qui je ne savais pas quoi dire, ce géant discret, revu un soir de décembre à la Télévision suisse dans son film "Heidi" dans des drôles de circonstances....

Allez, une petite filmographie pour mémoire:

1976 Lumière de Jeanne Moreau: Heinrich Grün
1976 La Marquise d'O... de Éric Rohmer: le comte russe
1977 L'Ami américain (Der Amerikanische Freund) de Wim Wenders: Jonathan Zimmermann
1978 La Femme gauchère (Die linkshändige Frau) de Peter Handke: Bruno
1978 Le Couteau dans la tête (Messer im Kopf) de Reinhard Hauff: Hoffmann
1978 L'Échiquier de la passion (Schwarz und weiß wie Tage und Nächte) de Wolfgang Petersen: Thomas Rosemund
1979 Nosferatu, fantôme de la nuit (Nosferatu: Phantom der Nacht ) de Werner Herzog: Jonathan Harker
1979 Retour à la bien-aimée de Jean-François Adam: Dr. Stephan Kern
1980 Une femme italienne (Oggetti smarriti) de Giuseppe Bertolucci: Werner
1981 La Provinciale de Claude Goretta: Remy
1981 Le Vietnam nous appartient (Etwas wird sichtbar ) de Harun Farocki
1981 La Dame aux camélias (La storia vera della signora delle camelie) de Mauro Bolognini: Perregaux
1981 Le Faussaire (Die Fälschung) de Volker Schlöndorff: Georg Laschen
1981 Haut les mains de Jerzy Skolimowski (prologue ajouté à ce film de 1967)
1982 Polenta de Maya Simon: Jules, le narrateur
1982 Krieg und Frieden de Stefan Aust, Axel Engstfeld, Alexander Kluge et Volker Schlöndorff (documentaire)
1983 Dans la ville blanche d'Alain Tanner: Paul
1987 Les Ailes du désir (Der Himmel über Berlin) de Wim Wenders: Damiel
1993 Si loin, si proche ! (In weiter Ferne, so nah!) de Wim Wenders: Daniel

2000 Pain, Tulipes et Comédie de Silvio Soldini: Fernando Girasole

2011 Sport de filles de Patricia Mazuy: Franz Mann
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2012/02/le-cine-du-lundi-sport-de-filles-bruno.html

2004 La Chute (Der Untergang) de Oliver Hirschbiegel: Adolf Hitler

2015 Amnesia de Barbet Schroeder: Bruno, le grand-père de Jo
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2015/08/cinema-le-tierce-de-la-memoire-floride.html

2015 Heidi de Alain Gsponer: Grand-père
2016 Remember d'Atom Egoyan: Rudy Kurlander
2018 The House that Jack Built de Lars von Trier: Verge
2019 Radegund de Terrence Malick: Juge Lueben

Et puis pour finir, allons verser une larme avec Lou (Casanova et pas Castel)

 


Et un bonus, Perlipinpin:




Bon Dimanche
A bientôt

La Fleur du Dimanche
Oups, j'ai failli mettre mon "vrai nom" !

dimanche 21 avril 2013

Ici est la Rose, c'est ici qu'il faut danser - Complique pas...


Les TVA ne sont pas aussi innocents qu'on le croit, mais ils sont aussi faits pour vous faire réagir.

Dimanche dernier, je m'étais aventuré sur le terrain fragile du "présent" et ai eu quelques remarques sur la phrase de Flaubert: 
"Le présent est tout ce qu'il y a de moins important - car il est très court, insaisissable. Le vrai, c'est le passé, l'avenir."

Mais nous en reparlerons plus bas, place à la fleur attendue - ce qui fait plaisir, c'est que hier j'ai eu deux messages "On attend la fleur  du dimanche" - Merci à vous. La voici:


Camélia - Photo: Anne W.

En fait c'est une fleur reçue d'Anne W. pour mon anniversaire - l'anniversaire de la Fleur du Dimanche, née le 22 février 2011, ne correspond pas celui de la personne qui se cache derrière les fleurs de chaque dimanche,vous vous en doutiez, non ? 
Le plus étonnant c'est que j'ai également reçu via Facebook une fleur de la part d'Edouard Bacher, que je partage avec vous, merci à lui:


Lys sur ciel pas lisse, non Campanule, la FDD est nulle - Photo: Edouard Bacher

Et comme je ne suis pas paresseux, je vous offre la mienne également, une très belle orchidée Phalaenopsis, reçue pour mon anniversaire... J'en connais au moins un qui va être jaloux:

Orchidée Phalaenopsis - Photo: lfdd


Vous avez sans doute remarqué que c'est le printemps. Lundi, je vous ai rendu attentifs au retour des hirondelles et que le muguet se prépare à fleurir. Je vous propose une autre fleur en devenir:


Rhubarbe - Photo:lfdd



La rhubarbe - ou plutôt la barbe - me permet de faire la liaison avec le TVA de la semaine dernière commenté par Raymond.

Il faisait remarquer que la phrase de Flaubert soulève la polysémie du terme "présent".
Effectivement le "Présent" est un "cadeau" et l'on peut se demander si de vivre le présent comme un cadeau n'est pas une philosophie de la vie à cultiver - Carpe Diem - à jouir? 
La réflexion que cela soulève est de la durée du présent et de sa perception, parce que vivre l'instant pouvant être la solution de bien de problèmes (plutôt que de se poser des questions sur l'avenir ou de ressasser le passé), quid de la réalité du passé et de la possibilité du futur.
Ronsard, sur les pas d'Horace - "Cueille le temps présent, en te fiant le moins possible au lendemain" - disait aussi "Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie". 
Je vous y invite bien sûr en tant que "Fleur du Dimanche".

Mais de son côté, et plus près de nous, Hegel qui nous a soufflé le titre* semble dire que ni le passé ni le futur n'existent (je sens que cela va encore polémiquer) et qu'il faut "reconnaître la raison comme la rose dans la croix du présent"

Cela signifierait-il que le présent – nous -  nous permettrait de "résoudre la contradiction de l’infini et du fini, qui est aussi celle de la pensée et du temps ou encore celle de la logique et de l’histoire." ?
En d’autres termes, que le présent, c’est l’autre nom de l’effectif: wirklich, c’est-à-dire du réel tel qu’il est pour l’Esprit qui l’assimile, le comprend et l’engendre. En substance, le point où se résout la contradiction de la pensée et du temps.


Hegel dit aussi qu’il faut « reconnaître la raison comme la rose dans la croix du présent »

Il faut que notre esprit, notre pensée qui se trouve séparée entre esprit conscient de soi et réalité présente, rassemble ces deux entités pour trouver satisfaction. Reconnaître la raison comme la rose dans la croix du présent et se réjouir d’elle, c’est l’objectif de cette réconciliation via la philosophie pour arriver à la liberté personnelle.



Un autre écrivain-philosophe, plus proche de nous considère que "les deux seules choses qui nous sont données sont le corps et le présent et que les refuser serait refuser de vivre" et nous devrions en faire notre précepte.

Je vous livre une autre pensée de lui qui vaut également d'être creusée et appliquée et vous demande de découvrir qui c'est. Alors qui est cet écrivain-philosophe dont on va reparler cette année et qui a dit:
"Je ne puis vivre personnellement sans mon art. Mais je n'ai jamais placé cet art au-dessus de tout. S'il m'est nécessaire au contraire, c'est qu'il ne se sépare de personne et me permet  de vivre, tel que je suis, au niveau de tous. L'art n'est pas à mes yeux une réjouissance solitaire. Il est un moyen d'émouvoir le plus grand nombre d'hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes."


Pour ne pas rester totalement sérieux, je cite encore Raymond qui disait lundi suite au retour des hirondelles:


"On a vu les premières hirondelles hier...
J'ai aussitôt sorti le Flaubert, et le soir on a mangé des cuisses d'hirondelles avec des patte, euh, des pâtes."

Et pour rester sur une note d'humour et une pirouette- "Complique pas! " - en ces temps d'escalade, je vous laisse écouter le billet de François Morel qui via le Festival de Cannes qui s'annonce trouve des remèdes à l'aveuglante cécité de certains: 

Complique pas par franceinter   



Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

* Au sujet du titre, c'est toujours Hegel qui fait un jeu de mot de la phrase d'Esope "Hic Rhodus, hic salta !" - Voici Rhodes, c'est ici qu'il faut sauter - au sujet d'un vantard qui affirmait qu'il avait fait à Rhodes un saut magnifique. 
On lui répondait : «A quoi bon les témoins ? Voici Rhodes, c'est ici qu'il faut sauter». Ce qui veut dire: c'est le moment de montrer ce dont tu es capable. 
En grec Rhodes se dit "Rhodos" et la rose "rhodon" et Hegel emploie cette expression dans la préface du livre "Principes de la philosophie du droit".