Affichage des articles dont le libellé est Clément Cogitore. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Clément Cogitore. Afficher tous les articles

lundi 12 octobre 2015

Osez aller.... Vers l'autre rive - Ni le ciel, ni la terre ne vous retiendront...

La disparition, vaste sujet, nous en parlions hier, nous en avons parlé la semaine dernière... Elle peut être angoissante, elle peut être sereine, et au cinéma actuellement, même si les deux films ne présentent pas de similitudes et viennent de deux pays (et même plus) dont les cultures ne se ressemblent pas, ces deux films traitent chacun à leur manière de la disparition (ou de la réapparition) avec une délicate sensibilité. Et le hasard du calendrier les amène à l'affiche en même temps.

Je vous conseille d'aller les voir tous les deux parce qu'ils en valent vraiment la peine.

D'un côte, un vrai "premier film" de fiction du réalisateur (et artiste) Clément Cogitore dont le Musée d'Art Moderne et Contemporain de Strasbourg avait présenté les oeuvres il y a un an
Clément Cogitore dont les images pour la plupart avaient jusqu'à présent une patte artistique (au MAMCS ou au CEEAC à Strasbourg) - il expose d'ailleurs actuellement l'exposition "Digital Desert" à la galerie White Project, rue Saint Claude à Paris - ou documentaire.
Pour son film "Ni le ciel, ni la terre", le réalisateur, né à Colmar, a dû faire face à un véritable enfer pour tourner cette histoire oppressante et cathartique, magique et mystérieuse d'un camp avancé à la frontière du Pakistan, chargé de surveillé des pierres et des montagnes - il y a quand même un village au loin, et une troupe de combattants qui se fondent avec les rochers.
Le film, et c'est Clément qui l'annonce, est un film sur la croyance. Il nous fait voir ce que nos yeux ne savent pas voir ou lire, et comprendre. Il nous mène en bateau dans ce camp militaire loin de tout où nous ne savons plus ce qu'est une image, ce qu'est la réalité et nous fait des tours de magie (je fais disparaître un chien, des soldats, des moutons, des hommes,...) et je vous invente une grotte rédemptrice. Tout cela en jouant avec les technologies et les mythes.
Le film qui faisait partie de la programmation du Film Fantastique est autant un film policier, qu'un films d'angoisse ou qu'un film métaphysique sur la perte ou la guerre.
Et on reste abasourdi devant le jeu des comédiens (dont Jérémie Rénier) faisant tous coprs avec leurs personnages, que ce soient des soldats ou des villageois ou des combattants.  
En tout cas, une belle réussite et "Le Désert des Tartares" n'est pas loin... Allez-y:

Ni le ciel ni la terre



Vers l'autre Rive


Vers l'Autre Rive - Kioshi Kurosawa - Eri Fukatsu dans le rôle de Misuki

Autre pays, autre culture, le Japon, et le film de Kioshi Kurosawa, "Vers l'autre rive" nous parle d'une autre disparition et du retour des esprits avec une atmosphère très sereine et apaisante. Je ne vais pas vous dévoiler le sujet du film juste vous dire que cela fait réfléchir à nos actes et comment nous pouvons apporter la paix à notre mémoire et à celle de nos proches, amis ou parents, en leur redonnant leur unité, leur entièreté, le repos de l'âme. 
"Vers l'autre rive" est un film doux et tendre dont il faut goûter les moments de complicité et d'humanité, tout en se débarrassant de certaines certitudes cartésiennes. Une ouverture de l'esprit, un souffle d'air frais vivifiant, revigorant et apaisant à la fois.


Vers l'autre rive de Kiyoshi Kurosawa



Bon cinéma 

La Fleur du Dimanche

mardi 10 juin 2014

Philippe Paret, Photographe de l'intérieur des personnes et des choses

Il est parti sur le chemin, il laisse derrière lui famille et amis.
Nous nous souviendrons de lui, de son amitié, de sa gentillesse, de son sourire, de son rire éclatant, de son engagement, et de  ses photographies variées et toujours renouvelées dans son invention, surtout pleines de relations humaines.
L'on peut dire qu'il a photographié "de l'intérieur" les personnes et les choses, la ville, 

Il est parti sur les routes, routes qu'il avait faites avec des camionneurs, à l'époque où nous l'avions rencontré, il "éclairait" également de multiples couleurs la nuit le quartier gare comme dans un jeu d'enfant, en faisant de la friche Laiterie une "fichtre friche" tout en s'intéressant à ses voisins.
Puis il a fait un "retour aux sources en faisant le portrait en creux de sa grand-mère Yvonne à travers la maison (d'enfance), travail qui a donné un livre "Yvonne. Pré-disparitions" en octobre 2000, dont je vous livre un bout de texte d'Hervé Roelants:
"Cette fois, il n’y aura pas de héros ni de tragédie, pas de propos romantiques sur le passé et la mémoire. Pas de poussière, pas de traces, tout est propre et rangé à sa place: le savon sur le porte savon, la bouilloire sur la cuisinière, le panier sur le frigo, le marteau dans le placard, la télé sur le congélateur."...
"Quelques pinces à linge sont restées sur le fil, et il serait temps de manger les deux pommes du saladier. Y a t’il seulement quelque chose à voir?

Il manque une présence."

La nature morte est encadrée:

Saladier - Yvonne- Pré-disparitions - Philippe Paret

Pour son adieu, les amis l'ont salué par un "Je ne te dis rien", et un merle sifflait dans le silence.

Ses oeuvres continuent d'exister, à voir sur son site "philippeparet.fr" et nous pouvons lui rendre hommage et le saluant comme "gardien de la Fictions" qui se tient jusqu'au 21 septembre au Musée d'Art Moderne et Contemporain de la Ville de Strasbourg.
grotte" dans le film de Clément Cogitore, actuellement projeté dans l'exposition "

Clément Cogitore, dont une autre travail que je vous présente peut également lui rendre hommage.


La route - Philippe Paret - Photographie sur Galet
















La Fleur du Dimanche