vendredi 12 janvier 2018

Chaplin avec le Ballet de l'Opéra National du Rhin: Toute une vie dansée en Noir et Blanc

Le Ballet "Chaplin", créé par Mario Schröder à Leipzig en 2010 entre au répertoire du Ballet de l'Opéra National du Rhin grâce à Bruno Bouché son directeur et, après la première le 11 janvier 2018 à Strasbourg et quelques représentations jusqu'au 15 janvier, la pièce sera à la Filature à Mulhouse du 2 au 4 février.




Le cinéma, va bien sûr être le fil conducteur de ce spectacle, à la fois décor, sujet et narration. Sur l'écran blanc des souvenirs freudiens, les ombres des parents jettent déjà un sort au jeune Charles Chaplin avec leurs disputes et leur séparation. Mais la mère (Wendy Tadrous) trace son chemin, la danse et la pantomime, et préfigure les blanches figures féminines: Mildred Harris (Ana-Karina Enriquez-Gonzalez), Pauline Godard (Monica Barbotte) et Oona O'Neil (Dongting Xing) qui vont dialoguer avec ce personnage double, à la fois lui-même (Marin Delavaud) et le Charlot de cinéma (Céline Nunigé). 
Ce dispositif très cinématographique dans lequel Charlot va s'inclure - dès le début, de sa démarche chaplinesque, comme à la fin de ses films, il rentre littéralement dans l'écran qui est en volume (à noter qu'à la fin de la pièce, cette scène sera en miroir et c'est la salle et les spectateurs qui seront à la place de l'écran) et qui va nous jouer le film de sa vie - et les films de son répertoire.




Mais les films vont déborder de la "boite" et envahir la scène et la fiction. La troupe du Ballet de l'Opéra National du Rhin forte de plus trente danseuses et danseurs vont enjouer le spectacle, avec des tableaux variés et entraînants, de multiples duos, trios et quatuors qui se croisent en construisant le personnage de Charlot avec ses attibuts: la redingotte noire, le pantalon à bretelles, le chapeau melon et la canne, à des mouvements d'ensemble ou même du rap ou encore des défilés, dont des défilés de figures du cinéma.
Le cinéma, dont les techniques - zoom, travelling, fermeture à l'iris - constituent une part de l'écriture scénographique, mais qui aussi annonce par son évolution technologique - l'énorme bonnette du microphone/épée de Damoclès par exemple - une menace pour Charlot. Et dont l'évolution politique aux Etats-Unis va également influer sur la vie et le travail de Chaplin.
Mais la politique et le cinéma seront toujours liés pour Chaplin et son engagement est bien présent dans le spectacle, avec une bonne dose de création - par exemple le Diktator (Thomas Hinterberger) vont être l'occasion d'une belle invention scénique avec la bulle dont il sort gonflé à bloc et qui fait écho à la mappemonde du pouvoir .
La musique, largement en référence au cinéma participe au rythme de la pièce qui arrive à balancer entre la vie privée - et ses amours - les épisodes historiques - et ses malheurs - et l'oeuvre - ses succès fameux, très bien retranscrits en ballet et à nous tenir en jubilation sur la durée de ce long métrage de toute une vie d'humour et d'amour...





La Fleur du Dimanche



Chaplin / Mario Schröder

[Entrée au répertoire] 

Pièce pour 32 danseurs
Création en 2010 par le Leipziger Ballet

Chorégraphie et lumières Mario Schröder
Musique Charlie Chaplin, John Adams, Ruggero Leoncavallo, Alfred Schnittke, Kurt Schwertsik, Peteris Vasks, Colin Matthews, Johannes Brahms, Hans Werner Henze, Charles Ives, Richard Wagner, Benjamin Britten, Samuel Barber
Décors et costumes Paul Zoller


Ballet de l’Opéra national du Rhin

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